Togo: nouvelles manifestations pour et contre la réforme constitutionnelle

Les partisans de l'opposition ont demandé encore une fois le départ du président Faure Gnassingbé, le 20 septembre 2017 à Lomé et dans d'autres villes du pays..
© REUTERS/Stringer

Au Togo, la réforme de la Constitution sera soumise à un référendum. Le projet de loi du gouvernement a été voté ce mardi 19 septembre à l’Assemblée nationale. Cette réforme limite à deux le nombre de mandats du chef de l’Etat et instaure un scrutin présidentiel à deux tours. Mais l’opposition estime que le texte ne va pas assez loin. La crise politique n’est donc toujours pas résolue.

L’opposition manifestait ce mercredi 20 septembre en espérant réunir autant de monde qu’il y a quinze jours. En tout, 14 partis sont mobilisés, dont le PNP de Tikpi Atchadam et l’ANC de Jean-Pierre Fabre.

Les cortèges ont démarré en tout début d'après-midi avec une particularité cette fois-ci : les opposants défilent sur trois parcours différents. Trois itinéraires dans Lomé. Des manifestations aussi dans d’autres villes du Togo, comme Sokodé ou Bafilo pour réclamer, une fois encore, le départ du chef de l’Etat et le retour à la Constitution de 1992 qui entraînerait toute une série de réformes institutionnelles au Togo.

Je suis très fier de porter ce t-shirt ; il y a écrit : "Faure must go". "Faure doit partir".
Reportage dans la manifestation de l'opposition à Lomé
21-09-2017 - Par Anne Cantener

Au moins un mort à Mango

Si les manifestations auxquelles l'opposition avait appelé se sont déroulées dans le calme la plupart du temps, à Mango, « la situation est préoccupante », selon le colonel Yark Damehane, ministre de la Sécurité et de la Protection civile qui dans un point de presse a annoncé un mort et des blessés.

Selon lui, des partisans du parti au pouvoir UNIR ont été pris à partie par les militants du PNP. « Certains responsables du parti UNIR ont été déshabillés, molestés, leurs biens saccagés, les maisons incendiées, pillées », rapporte-t-il. Certains manifestants portaient « des armes de guerre ». Ces derniers ont été identifiés, explique le ministre qui précise mais six armes de ce type « se baladent dans la nature », avertit-il.

« Ce comportement a fait un mort, un jeune de 10 ans et on dénombre 24 blessés, dont six par balle, quatre par bille, c'est-à-dire avec des fusils de chasse ; il y a eu sept personnes interpellées, sept maison du parti UNIR saccagées et pillées, trois maisons incendiées, trois véhicules incendiées », liste-t-il.

Amnesty International a appelé « à l'ouverture d'une enquête indépendante sur les circonstances » de la mort de l'enfant et « l'usage excessif de la force par les forces de sécurité ». Et l'ONG se dit « préoccupée par la coupure d'internet mobile » depuis mardi soir.

Le parti au pouvoir se mobilise également aujourd’hui

La majorité elle aussi réunit ses militants. La marche a commencé timidement, avant un rassemblement en présence de certains membres du gouvernement. Les manifestants s'étaient donné rendez-vous sur la plage à Lomé avant d'arriver sur leur point de chute, boulevard de la Victoire au quartier Casablanca, au nord du CHU. La mobilisation a été relativement moyenne, mais tout de même enthousiaste. Des gens de tous âges ont marché jusqu'au boulevard de la Victoire.

Nous sommes aujourd'hui mobilisé pour dire "non" à l'esprit de division, pour dire "non" à l'esprit de haine, pour dire "non" à toute forme d'extrémisme, au terrorisme politique, "non" à ceux qui veulent bloquer le développement de ce pays.
Une mobilisation pour soutenir les réformes
20-09-2017 - Par Peter Dogbe

Le parti au pouvoir défend sa réforme, le projet de loi voté mardi par les députés, en l’absence de l’opposition qui le considère insuffisant, cette réforme devrait être soumise à référendum dans quelques mois.

Les soutiens du président Faure Gnassingbé étaient aussi dans la rue pour soutenir la réforme, le 20 septembre 2017 à Lomé. © REUTERS/Stringer