Cameroun: regain de tensions à Bamenda où vivent les minorités anglophones

Bamenda est une des villes anglophones du Cameroun les plus importantes. (photo d'illustration)
© AFP/Reinnier KAZE

Plusieurs manifestations ce vendredi 22 septembre au matin, ont eu lieu dans les régions anglophones du Cameroun, au nord-ouest et au sud-ouest. Ces régions sont en crise depuis un an maintenant, où la minorité anglophone se sent marginalisée. Pourtant cela s'était apaisé fin août avec la fin annoncée des poursuites judiciaires contre les leaders de la contestation, par le président Paul Biya. Mais jeudi, une bombe artisanale a explosé à Bamenda, chef-lieu du nord-ouest. Trois policiers ont été blessés. Le gouverneur parle d'attaque « terroriste ». Conséquence, il a interdit la circulation dans la région.

Les images de cette soudaine éruption de colère ont commencé à inonder les réseaux sociaux un peu avant 8 heures du matin. A Bamenda, Buéa et d’autres villages des deux régions anglophones, des milliers de personnes ont investi les rues chantant et scandant divers messages hostiles au pouvoir de Yaoundé.

Dans les rangs, hommes, femmes et enfants, mais aussi des séparatistes appelant ouvertement à l’indépendance de cette partie du Cameroun. Et de la parole aux actes, certains ont hissé plusieurs fois le drapeau bleu et blanc, symbole de leur affranchissement. D’autres messages appelaient à la libération de quelques activistes anglophones encore en détention à Yaoundé, malgré le décret du président Paul Biya du 30 août dernier portant à l’arrêt des poursuites contre ces derniers.

Paul Biya à l'ONU

Des manifestants à Bamenda, ce vendredi matin, ont également appelé le président Biya à se rendre personnellement dans les deux régions en vue d’entendre lui-même les revendications des populations et engager avec elles le dialogue.

A Bamenda comme à Buéa, les forces de sécurité ont encadré ces manifestations avant finalement de les disperser à coups de jet d’eau et de gaz lacrymogène. Il y aurait eu quelques blessés, notamment à Bamenda, mais cela reste à confirmer.


Le président du Cameroun Paul Biya a joué mercredi l'apaisement en décrétant l'arrêt des poursuites judiciaires pour « terrorisme » et « rébellion » contre des leaders de la minorité anglophone dont la fronde menaçait la toute prochaine rentrée scolaire. Il s'agit de trois leaders anglophones parmi la trentaine actuellement en prison et poursuivis pour « co-action d'actes de terrorisme, hostilité contre la patrie et rébellion ».