Guinée: à Boké et Kolaboui, la violence gagne peu à peu les manifestations

Des policiers et des manifestants dans une rue de Conakry, le 20 février 2017. (photo d'illustration)
© CELLOU BINANI / AFP

Ce vendredi 22 septembre, cela fait déjà dix jours que les habitants de Boké, dans le nord-ouest du pays, protestent contre l'absence d'électricité et d'eau, notamment. Des violences qui ont déjà fait deux morts et des dizaines de blessés. Jeudi, les manifestants, en majorité des jeunes, s'en sont pris à des bâtiments publics de la ville voisine de Kolaboui. Les manifestants se sont en fait attaqués à des symboles de l'Etat.

Les manifestants s'en sont pris aux symboles de l'Etat et aux symboles de l'activité minière. Des édifices publics comme la sous-préfecture, la mairie, ou encore le poste de gendarmerie ont été incendiés. Des attaques ont été menées contre des infrastructures militaires et des centres de santé. Dans un communiqué, le gouvernement s'est d'ailleurs dit « consterné » par ces « attaques d'une rare violence » qui constituent des « atteintes graves à la sécurité des personnes et des biens ».

Les manifestants s'en sont également pris à des infrastructures économiques, de transport notamment : selon des témoignages recueillis par l'Agence France Presse, ils ont tenté de déboulonner les rails des trains transportant la bauxite exploitée dans la région par plusieurs sociétés minières.

A Kolaboui, les services de base manquent

Si la contestation s'est étendue à Kolaboui, c'est parce que cette ville est un carrefour, un noeud routier et ferroviaire. C'est aussi là que se trouve le Centre industriel de la Compagnie des bauxites de Guinée. En fait, cela fait dix jours que les manifestants demandent le rétablissement de l'accès à l'électricité et à l'eau, des services de base qui leur manquent alors que les sociétés minières qui exploitent la zone, l'une des plus importantes réserves de bauxites au monde, ne connaissent pas les coupures de courant. Ces mêmes revendications, dans un contexte de très fort taux de chômage, avaient d'ailleurs déjà suscité des mouvements similaires en avril dernier. Il y avait eu 5 morts.

Des Sages de Boké, point de départ de la contestation, et de Sangarédi, principale ville minière de la zone, se sont rendus à Kolaboui hier après-midi. Un responsable de la société civile, joint sur place, explique que les notables ont obtenu le démantèlement des barricades et la suspension des violences jusqu'à dimanche. Les sages sont ensuite repartis, dès hier soir, pour poursuivre leur médiation en allant rencontrer les autorités et tenter d'obtenir le rétablissement du courant.