Togo: l'opposition dénonce des violences dans le nord du pays

Un manifestant togolais dans une rue de Lomé, le 20 septembre 2017.
© Anne Cantener/RFI

L'opposition togolaise a achevé la série de manifestations de rue de cette semaine pour exiger le retour à la Constitution originelle de 1992. Les manifestations se sont terminées avec un grand meeting. A Lomé, les marches de protestations se sont déroulées dans le calme. Un groupe de manifestants a été dispersé à coups de gaz lacrymogènes en fin de journée, mais il n'y a eu aucun incident majeur. En revanche, l'opposition dénonce des violences dans le nord du pays.

La longue marée humaine a terminé sa marche au bas-fond du collège Saint-Joseph, ce lieu qui devient l'un des points de chute. Fulbert Attisso, le président de Togo autrement, est le premier à prendre la parole. Il annonce que la lutte est arrivée à un point de non-retour, avant de lire la déclaration commune de la coalition.

« Il faut rester mobiliser, vous êtes le peuple, a renchéri Jean-Pierre Fabre. Nous avons eu des opportunités, en voici une nouvelle, a-t-il dit en dialecte mina, mais cette fois, nous irons jusqu'au bout. »

Les deux jours de manifestations s'achèvent, la coalition des 14 partis de l'opposition a affirmé qu'elle rejetait le référendum que le gouvernement va organiser pour faire adopter les réformes. Et qu'elle demande le retour à la Constitution originelle de 1992.

Affrontements violents dans le Nord

Le calme était revenu hier soir à Mango, mais de l'aveu du gouvernement, la situation restait précaire. Après la mort d'un enfant mercredi et l'incendie de maisons de plusieurs cadres du parti au pouvoir, la journée d'hier s'est déroulée dans un climat très tendu.

L'opposition assure que les forces de l'ordre ont multiplié les descentes dans les maisons, cherchant surtout des jeunes. Certains auraient préféré se cacher dans la forêt. Selon des opposants sur place, de nombreux habitants ont été battus, certaines maisons incendiées.

La coalition CAP 2015 parle même de tirs à balles réelles contre la population.
Le gouvernement dément : il y a bien eu des tirs de gaz lacrymogènes, mais aucune balle réelle. Le ministre de la Sécurité explique que les gendarmes et les militaires, déployés en grand nombre, ont commencé tôt hier matin à démonter les barricades, installées dans la nuit par les manifestants.

Onze personnes ont été arrêtées, selon les autorités. Beaucoup plus, estiment les opposants qui parlent de véritables expéditions punitives contre les habitants de Mango.