Bénin: visite de sénateurs haïtiens sur le thème des pratiques irrationnelles

Au marché vaudou de Lomé au Togo (photo d'archives).
© Alice MILOT / RFI

Une délégation de sénateurs haïtiens était au Bénin cette semaine pour rencontrer des autorités judiciaires et traditionnelles. Depuis la traite négrière, les deux pays ont des liens très forts. Haïti réforme son code pénal, qui date de 1835, et veut intégrer les actes considérés comme de la sorcellerie, en particulier celui de zombification. Et le Bénin, pays du vaudou qu’on retrouve en Haïti, connaît bien les pratiques irrationnelles.

« L’élève a, en cette matière, dépassé le maître. » C’est ce qu’a découvert Jean Renel Senatus, président de la commission Justice du Sénat haïtien. Haïti, l’élève, a dépassé le maître béninois avec la zombification qui n’existe pas ici. Explication du phénomène : « La personne est constatée décédée. Mais après 24 heures, 48 heures, on peut retrouver cette personne-là dans un champ, en train de travailler pour quelqu’un. Le zombi est considéré comme étant un condamné. C’est une personne qui a eu un état de comportement qui a été jugé quelque part, et que ce sort lui a été jeté. Ce n’est plus normal qu’on continue avec ce genre de pratique-là. »

La délégation a rencontré des juges mais aussi des rois et des représentants du culte vaudou. Car au Bénin, la justice traditionnelle permet de résoudre des conflits à l’amiable. « Ils ont cette vertu de résoudre, explique Jean-Marie Junior Salomon, vice-président du Sénat, certains problèmes ésotériques ou maléfiques. Ici au Bénin, les gens respectent la tradition. Chez nous, à cause du phénomène de l’acculturation, on a tendance à renier nos traditions. »

Quelles que soient les différences, les sénateurs ont une conclusion : « La République d’Haïti et la République du Bénin c’est comme deux facettes d’une même médaille. »