Republier
Cameroun

Cameroun anglophone: les voix d'opposition tirent à boulets rouges sur le régime

L'ancien avocat Akere Muna, voix respectée au Cameroun anglophone, a pris la parole au sujet des régions en crise.
© capture d'écran/Facebook Akere Muna

Au Cameroun, le calme est revenu dans les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest après une vague de manifestations séparatistes particulièrement suivies ce vendredi. Des manifestations qui auraient fait au moins un mort dans la ville de Buea dans le sud-ouest. Les deux régions sont aujourd'hui sous très forte surveillance policière. Bamenda et sa région sont d'ailleurs sous un régime de couvre-feu, décidé par le gouverneur depuis quelques jours. La tension reste néanmoins palpable et la situation inquiète plus que jamais la classe politique et la société civile.

Le Front social démocrate (SDF), principal parti de l’opposition et dont les deux régions anglophones sont le fief, amorce son communiqué en constatant que le Cameroun est désormais à la croisée des chemins. Il écrit que le président Paul Biya est personnellement responsable de la déflagration sociale observée dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du pays.

Le parti de Ni John Fru Ndi compile aussi ce qui constitue pour lui les causes de la crise, entre autres : la mauvaise gouvernance, la dérive monarchique des institutions, l’absence d’élections crédibles ou le refus d’ouvrir un dialogue national inclusif. Pour le CPP (Cameroon People's Party), également signataire d'un communiqué, les causes de la crise tiennent à une indépendance mal négociée, un contentieux historique éludé et un mode d'administration calamiteux du pays.

Le parti dénonce néanmoins les voies qui prônent la violence et la partition du pays qui ne saurait être un horizon souhaitable pour le Cameroun. Dans un message vidéo abondamment commenté sur sa page Facebook, l’avocat Akere Muna, ancien bâtonnier et anglophone, croit voir à travers cette crise le signe que le peuple ne croit plus en ses dirigeants et appelle à l’urgence de l’ouverture d’un dialogue. Position que rejoint le mouvement Cameroon Project qui en s’alarmant de l’escalade de ces derniers jours invite aussi à un dialogue national sur la question fondamentale du fédéralisme.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.