Kenya: un nouveau coup dur pour la Commission électorale

Les juges de la Cour suprême, à Nairobi, le 20 septembre 2017.
© REUTERS/Baz Ratner

Au Kenya, c’est un nouveau rebondissement après l'invalidation de l’élection présidentielle du 8 août dernier. Le parquet kényan a ordonné, ce dimanche 24 septembre, à la police et à l'agence anti-corruption d'enquêter sur la Commission électorale pour « irrégularités » et actes « illégaux » présumés commis dans le déroulement de la présidentielle.

Au Kenya, les nuages s'amoncellent au-dessus de la Commission électorale indépendante. C’est un coup dur qui lui est asséné, une fois de plus, par la justice du Kenya. Cette fois, c'est le directeur des poursuites publiques qui s'en est chargé.

Keriako Tobiko a ordonné à la police et à l'agence anti-corruption du pays de lancer une enquête « approfondie et complète » sur les irrégularités pointées par la Cour suprême qui a prononcé un verdict très dur à l'encontre de la Commission électorale, il y a quelques jours.

Le directeur des poursuites n’en est pas resté là. Il demande également d'enquêter sur les allégations formulées par le principal opposant kenyan, Raila Odinga, et sa coalition (Nasa) qui ont mis en cause, depuis l'élection invalidée, l'intégrité de plusieurs membres de cette Commission.

Il s'agit d'une véritable épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des membres de la Commission électorale, d'autant que ce haut magistrat kényan exige que l'enquête soit totalement bouclée dans un délai de 21 jours et ce, à moins de deux semaines de la date de la nouvelle élection présidentielle que la Commission électorale a renvoyée au 26 octobre.

Ce nouvel épisode, dans le processus électoral kenyan, intervient alors que la tension ne cesse de monter dans le pays. Les partisans du président sortant, Uhuru Kenyatta, qui estiment que la Cour suprême leur a « volé » leur victoire, sont chauffés à blanc. Raïla Odinga, principal rival du président sortant, assure quant à lui qu'il boycottera cette présidentielle si une partie des membres de la Commission électorale ne sont pas remplacés d'ici là.