Madagascar: l'agriculture urbaine pour nourrir les habitants d'Antananarivo?

Un potager urbain à Antananarivo.
© RFI/Laetitia Bezain

Selon les estimations, la croissance démographique de la capitale malgache est de 4 à 6% par an. Dans ce contexte de croissance intense de la population, la Commune urbaine d'Antananarivo mais aussi chercheurs et ingénieurs agronomes se sont penchés sur des solutions durables pour répondre à l'augmentation des besoins en denrées alimentaires. La question était d'ailleurs au centre d'une conférence animée par des chercheurs samedi 23 septembre dans la capitale malgache.

Dans cette école primaire du quartier 67 hectares, les élèves cultivent des brèdes pour approvisionner la cantine.  « C’est un jardin, il y en a d’autres à côté, raconte Antonio Randriatsimihory, chargé de mission Agriculture urbaine à Antananarivo. Ca arrive à approvisionner une cantine jusqu’à trois fois par semaine. Ca n’est pas qu’ils mangent des brèdes tous les jours, mais c’est pour pallier les différentes rations au niveau des cantines scolaires. »

Dans la capitale, les potagers urbains poussent un peu partout. A l'origine de ce développement, la Commune urbaine d'Antananarivo et l'Institut des métiers de la ville. Depuis 2011 ils ont mis en place un programme d'agriculture urbaine, notamment dans les écoles primaires publiques et les quartiers défavorisés. Objectif : améliorer l'alimentation de ces populations.

Des initiatives significatives au vu du nombre croissant d'habitants. Laurence Defrise est ingénieur agronome, spécialiste de l'agriculture urbaine dans la capitale malgache : « La population totale, pour le grand Tana, donc la Commune urbaine de Tana et les 37 communes qui l’entourent, est estimée entre 2,5 et 3 millions d’habitants. Il y a une part importante d’approvisionnement du système alimentaire de la ville qui dépend de cette agriculture de proximité. »

Antananarivo est l'une des villes pionnières en matière d'agriculture urbaine. Les terres agricoles représentent 40% de sa superficie.

→ A (re)lire : A Madagascar, l'agriculture «un levier pour le développement de l'économie»