Recrudescence du trafic d'armes entre la Turquie et le Nigeria

Un fusil d'assaut AK-47, également connu sous le nom de Kalashnikov (illustration).
© Spencer Platt/Getty Images

Au Nigeria, le gouvernement perd patience après qu'une cargaison illégale d'armes a une nouvelle fois été interceptée dans le port de Lagos, en provenance de Turquie. C'est la quatrième fois cette année dans ce pays aux prises, notamment, avec le groupe islamiste Boko Haram. L'ambassadeur turc a été convoqué par les douanes nigérianes. Mais la Turquie fait la sourde oreille.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Quatre-cent soixante dix fusils à pompe la semaine dernière, 1 100 la semaine précédente, 3 000 depuis le début de l'année : dans le port de Lagos, les douanes nigérianes multiplient les saisies d'armes de contrebande en provenance d'un même pays, la Turquie.

Des importations qualifiées « d'incessantes » par le porte-parole des douanes, qui accuse des citoyens du Nigeria, organisés en « groupes mafieux », d'avoir mis en place ce trafic depuis le territoire turc. Les autorités nigérianes cherchent à savoir où vont ces armes - si elles sont destinées à intégrer le marché légal, ou si elles alimentent des groupes armés dans la région.

Sommée de s'expliquer par le passé, la Turquie avait démenti toute implication et parlé de campagne de « désinformation ». En mai, lorsque 440 fusils avaient été interceptés, Ankara avait affirmé que le bateau incriminé et sa cargaison d'armes provenaient des Etats-Unis. Ils seraient passés par la Turquie pour une simple escale.

Reste que les soupçons existent depuis plusieurs années. En 2014, des écoutes téléphoniques diffusées sur internet laissaient entendre que Turkish Airlines aurait livré des armes à des groupes au Nigeria. La compagnie aérienne avait formellement démenti, et les autorités turques avaient dénoncé un montage.