Rwanda: l'étau se resserre autour de l'opposante Diane Rwigara

L'opposante rwandaise Diane Rwigara, ici dans les locaux de la commission électorale à Kigali, le 20 juin 2017.
© REUTERS/Jean Bizimana

Après un mois ponctué de coups de théâtres, d'annonces surprenantes et de disparitions mystérieuses sur fond de convocations quasi-quotidiennes de la police, Diane Rwigara, sa soeur et leur mère, sont placées en détention préventive depuis samedi 23 septembre. L'opposante et ancienne candidate à la présidentielle est sous le coup d'une enquête pour faux et usage de faux, tandis que sa soeur et sa mère font officiellement l'objet d'une enquête pour fraude fiscale.

Cette fois c'est officiel, Diane Rwigara, sa soeur et leur mère sont en garde à vue dans les locaux de la police depuis deux jours. Elles sont accusés d'« atteintes à la sécurité de l'Etat » selon un communiqué du porte-parole de la police rwandaise, Theos Badege.

Aucune information sur la nature des « infractions » que la police reproche à l'opposante et aux membres de sa famille. Mais Theos Badege explique que cette mise en détention préventive est due également à leur « refus constant de coopérer » avec les forces de l'ordre. On leur reproche aussi d'avoir « révélé publiquement des informations qui sont censées être confidentielles », selon la loi.

Elles paient en quelque sorte les différentes sorties médiatiques de l'opposante qui a dénoncé depuis le début de leur saga judiciaire « une persécution » de la part du pouvoir rwandais pour la punir d'avoir tenté de se présenter contre le président Paul Kagame.

Diane Rwigara, sa soeur et leur mère sont dans le collimateur de la justice rwandaise depuis un mois. Accusée de fraude fiscale dans un premier temps, l'opposante a ensuite appris qu'elle était poursuivie à titre personnel, pour faux et usage de faux pour des signatures présentées lors de la présidentielle au Rwanda.

La nouvelle charge qui pèse sur les trois est autrement plus grave. Le porte-parole de la police rwandaise a d'ores et déjà annoncé que la loi leur permet de les garder en détention pendant cinq jours, avant de décider s'il y a lieu, oui ou non, de demander des poursuites judiciaires.