Guinée: dialogue au point mort dans les zones minières

La Guinée possède les plus grandes réserves au monde de bauxite, un minerai servant à fabriquer l’aluminium. (Usine de bauxite située à Kamsar, au nord de Conakry).
© (Photo : AFP)

La tension reste toujours vive en Guinée dans les zones minières de l'ouest du pays. Les barricades sont toujours présentes à Boké où la population est en colère devant le manque d'eau et d'électricité. Les autorités régionales ont bien tenté une réunion de conciliation à Kolaboui, une localité carrefour et passage obligé pour rejoindre les sites miniers, mais chacun campe sur ses positions.

Au terme de l’ultimatum donné par les citoyens de Kolaboui afin que l’Etat trouve une solution pérenne à la crise d’eau et d’électricité qui frappe leur localité, les manifestants avaient très tôt lundi matin réoccupé les rues et le chemin de fer. Mais ils ont été vite délogés par les doyens de la localité qui ont demandé notamment aux jeunes de donner encore une chance à la médiation et à la paix dans la région.

Selon un des meneurs de la manifestation, les autorités régionales et préfectorales n’ont pas tenu leur engagement pris jeudi, qui a permis le démantèlement des barricades et la reprise partielle des activités. Ce lundi, il n’y a donc pas eu de rencontre entre les deux parties. Le gouverneur de la région est parti en mission à Conakry, terminologie généralement utilisée en pareille circonstance, laissant derrière lui toutes sortes d’interprétations.

Une source au gouvernorat de Boké a expliqué qu’il n’y avait pas en réalité de réunion prévue entre les autorités régionales et les populations de Kolaboui. Du moment où ils ont tout cassé, il faut, selon cette source, prendre des dispositions pour trouver une solution définitive à tout ce qui touche cette région, pour éviter que ces tristes événements passés ne se reproduisent. Les populations exigeaient le minimum vital : l’eau et l’électricité, mais aussi et surtout que les multinationales qui exploitent leur sous-sol privilégient la main-d’œuvre locale.

Nous avons espoir d’obtenir satisfaction. Nous attendons qu’ils nous répondent le plus tôt possible. Par exemple, on peut envoyer des groupes électrogènes pour que les gens se calment, en attendant qu’on trouve des solutions durables.
Fodé Djibi Touré, étudiant et délégué des jeunes manifestants à Kolaboui
26-09-2017 - Par David Baché