RDC: les discrètes rencontres de Kabila en marge de l’Assemblée générale de l’ONU

Joseph Kabila a eu un entretien de 75 minutes avec le Premier ministre belge Charles Michel (photo) en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
© JOHN THYS/AFP

Alors que le président congolais était à New York ce week-end pour s’adresser à l’Assemblée générale de l’ONU, ce sont surtout ses rencontres en marge de cette réunion annuelle qui ont suscité la curiosité des Congolais : tête-à-tête avec le Premier ministre belge Charles Michel, mais aussi la procureure de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda ou encore le président de l’UA Alpha Condé et le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, le prince Zeid. En une journée les entretiens bilatéraux ont été nombreux et particulièrement discrets.

Les 75 minutes de tête-à-tête avec le Premier ministre belge Charles Michel est sans aucun doute le rendez-vous qui a le plus intrigué, car une heure et quart de discussion dans cette configuration, un huis clos complet, est extrêmement rare.

C’est même « inédit », estime une source proche du ministère des Affaires étrangères belge. Que se sont dit les deux hommes ? Impossible à savoir sachant qu’aucun conseiller n’a assisté à l’entretien. Mais l’absence du ministre des Affaires étrangères belge Didier Reynders a été relevée. Certains y ont vu la volonté de Kinshasa de le mettre de côté.

Faux, répond le conseiller diplomatique de Joseph Kabila. Barnabé Kikaya Bin Karubi affirme que c’est le Premier ministre belge qui a demandé à rencontrer Joseph Kabila. Lui aussi qui a imaginé ce tête-à-tête sans témoins. Deux jours avant, le ministre des Affaires étrangères belge avait rencontré son homologue congolais. Reste que le message des partenaires de Kinshasa est à priori toujours le même : à savoir définir au plus vite une date pour la présidentielle en RDC.

Autre rendez-vous qui n’est pas passé inaperçu, celui avec la procureure de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda qui n'avait pas vu Kabila depuis 2015. Ont été évoqués les procès en cours qui visent des citoyens congolais, mais pas seulement. L’évolution de l’enquête menée par les Congolais sur les massacres dans les provinces du Kasaï et sur l’assassinat des deux experts de l’ONU étaient aussi sur la table. Mais là encore, chaque partie est restée vague sur le contenu des discussions