Guinée: l'opposition maintient ses marches de protestation

Cellou Dalein Diallo, candidat de l'opposition, très entouré lors de son vote à la présidentielle guinéenne, le 11 octobre 2015. (Image d'archive)
© RFI/Guillaume Thibault

Malgré l'annonce lundi 25 septembre d'une date pour les prochaines élections locales fixées au 4 février 2018, l'opposition guinéenne a décidé de maintenir ses marches de protestation, dont celle de ce mercredi 27 septembre qui sera une marche funèbre, suite à la mort de deux manifestants mercredi dernier. La date du 4 février a été proposée par la Commission électorale à l’issue de trois jours de réunion entre commissaires, partis politiques et société civile.

Une marche funèbre s'est tenue ce mercredi de la morgue de Donka jusqu'au cimetière de Bambeto en banlieue de Conakry. L'opposition a rendu hommage aux deux manifestants décédés la semaine dernière lors d'une mobilisation pour exiger la tenue des élections locales. Depuis, le gouvernement a annoncé la date du 4 février 2018 pour l'organisation de ce scrutin très attendu mais l'opposition reste très vigilante.

Nous avons conscience que la probabilité qu'il s'agisse de bavures est très grande.
Albert Damantang Camara, porte-parole du gouvernement guinéen
27-09-2017 - Par Coralie Pierret

Le mandat des maires est caduc depuis 7 ans. Ce n'est pas la première fois qu'une date est annoncée et le scrutin ensuite reporté, alors cette fois-ci l'opposition espère que ce sera la bonne. L'opposition espère aussi que sera vite résolue la question de la supervision des Commissions locales chargées de comptabiliser les votes (CACV) car selon le code électoral elles doivent être présidées par des magistrats. Il en faudrait donc 343, or la Guinée ne compte que 200 magistrats disponibles.

« Il y a des contraintes à lever. Nous avons été informés par exemple de l’insuffisance des juges qui selon la loi doivent présider les commissions administratives de recensement des votes. Je pense que si un dialogue franc s’instaure entre les institutions on trouvera bien sûr un consensus pour lever cette contrainte », explique Cellou Dallein Diallo, le chef de file de l'opposition.

« Plusieurs hypothèses ont été envisagées. Soit les juges se déplacent. Un juge pour présider deux CACV dont les communes sont proches, ou alors on transfère les documents dans la sous-préfecture pour que la Commission administrative qui est sur place puisse statuer sur les résultats de la commune voisine, poursuit Cellou Dallein Diallo. Il y a toutes ces hypothèses qui sont posées et je pense qu’il y a une concertation en cours, au terme de laquelle on trouvera une formule de manière consensuelle ».