Cameroun: HRW dénonce les expulsions forcées de réfugiés nigérians

Des réfugiés dans le camp de Minawao dans le nord du Cameroun, le 18 février 2015.
© REUTERS/Bate Felix Tabi Tabe

« Forcés à monter dans des camions comme des animaux ». C'est le titre d'un rapport de Human Rights Watch publié mercredi 27 septembre. Une étude très critique qui pointe du doigt les expulsions forcées de près de 100 000 réfugiés nigérians au Cameroun depuis 2015. L'organisation accuse les militaires camerounais d'avoir « torturé, agressé et exploité sexuellement des demandeurs d'asile nigérians » dans les régions frontalières reculées.

D'après Human Rights Watch, depuis 2015, des dizaines de milliers de réfugiés nigérians ont été expulsés du Cameroun contre leur volonté. Des réfugiés, et parmi eux de nombreux demandeurs d'asile qui fuient les violences de Boko Haram.

A leur arrivée au Cameroun, ces derniers sont soumis à de nombreux contrôles d'identité dans des centres de transit. Des démarches souvent longues car ces Nigérians sont régulièrement suspectés d'être des combattants de Boko Haram.

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Par ailleurs, les conditions de vie des réfugiés dans le camp de Minawao se sont dégradées : manque de nourriture, d'eau potable et de soins médicaux.

Soixante et une personnes interrogées par HRW, affirment avoir été victimes de violences par des militaires. « Ils nous humiliaient comme des animaux et nous battaient comme si nous étions des esclaves », raconte un homme de 43 ans.

Des accusations « non fondées »

« La violence des militaires camerounais envers les réfugiés constitue un viol de la Constitution du Cameroun et de ses engagements régionaux et internationaux », souligne l’ONG.

Les autorités camerounaises nient en bloc ces accusations qu'elles estiment « non fondées » et destinées à « jeter le discrédit sur le Cameroun », explique Issa Tchiroma Bakary, le porte-parole du gouvernement. « Le rapatriement ne se fait que sur la base du volontariat, assure-t-il. Nos militaires savent que toute atteinte, toute violation des intérêts des réfugiés, non seulement est proscrite, est interdite, mais que cela mène quiconque est pris en flagrant délit d’une telle pratique devant de la cour martiale. »