Madagascar: les magistrats de nouveau en grève illimitée pour leur indépendance

Le palais de justice de Madagascar.
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A Madagascar, les magistrats et les greffiers ont entamé une grève illimitée mercredi 27 septembre 2017. Les deux syndicats ont décidé de faire front commun pour se faire entendre par le ministère de la Justice. Depuis quatre mois, c'est la troisième fois qu'ils se mettent en grève pour réclamer plus d'indépendance. À Antananarivo, alors qu'un rassemblement était prévu devant le palais de justice, les syndicats ont finalement été reçus par leur ministère de tutelle. Une rencontre qui s'est soldée par un échec.

« Stop à l'impunité. Nous voulons un Etat de droit », peut-on lire sur les banderoles suspendues à tous les tribunaux du pays. Les magistrats de Madagascar dénoncent notamment les pressions subies de la part du pouvoir ou encore l'ingérence de l'exécutif dans les décisions de justice. Certains expliquent recevoir des ordres de la part de leurs supérieurs pour les inciter à revoir leurs jugements.

Les greffiers, qui ont rejoint le mouvement de protestation, réclament une amélioration de leurs conditions de travail et une augmentation de salaire. Craignant une paralysie de l'appareil judiciaire, la ministre de la Justice Elise Rasolo a reçu les deux entités pendant près de deux heures. Une rencontre pendant laquelle la ministre a notamment demandé aux magistrats et aux greffiers de reprendre leur travail.

Mais pour les deux syndicats, pas question de retourner dans les salles d'audience tant que leur ministère de tutelle n'aura pas apporté de solutions concrètes à leurs revendications. « Ce n’était que des promesses verbales comme tous les dirigeants en ont fait avant, donc on ne va pas céder. Parmi les 41 juridictions, 38 sont bloquées. Et ce qui est vraiment satisfaisant, c’est la solidarité entre les greffiers et les magistrats. Nous espérons produire une nouvelle image pour la justice malgache », explique Jaonary Patrick Soloniaina, le secrétaire général du syndicat des greffiers.

Le ministère de la Justice, lui, indique que les solutions aux revendications des magistrats et des greffiers sont en bonne voie.