Gabon: une trêve sociale signée entre le pouvoir et 14 centrales syndicales

Le port de Libreville à Owendo était paralysé par une grève de la douane. Ici, le 31 mars 2012. (Photo d'illustration)
© XAVIER BOURGOIS / AFP

Le Gabon se dirige peut-être vers une sortie de grève dans les régies financières, c'est-à-dire les impôts, la douane, le Trésor public et les hydrocarbures. Depuis trois mois, les agents chargés de récolter les recettes de l'Etat ont arrêté de travailler pour réclamer cinq mois d'arriérés de primes, ce que le gouvernement ne parvient pas à payer. Pour mettre fin à la crise, une trêve sociale d'une année a été signée jeudi 28 septembre.

Le huis clos a duré 13 heures. Les syndicalistes réclamaient entre 12 et 26 milliards de francs CFA d'arriérés de primes. Le pouvoir voulait à tout prix mettre fin à cette grève qui dure depuis trois mois et qui occasionne chaque jour une perte d’un milliard de francs CFA dans les caisses de l'Etat.

Après la signature, Yolande Nyonda, secrétaire générale du ministère du Budget, est plus que soulagée : « Cet accord est une grande victoire. Nous avons signé avec quatorze centrales syndicales. Les syndicales qui ont signé avec nous représentent plus de 90 % des agents des administrations financières et pétrolières. »

Au même moment, l'unique fédération qui n'a pas signé l'accord a publié un communiqué pour annoncer la poursuite de la grève. « Cet accord est une mascarade. Pour nous, la grève se durcit. Elle se poursuit et elle va se faire sentir encore plus ! Parce que nous disons que - une fois de plus - les agents ont été trompés. Tout ce qu’ils sont en train de prendre comme engagements, ils ne vont pas le tenir », prévient Wilfried Erisco Mvou Ossialas, le porte-parole de cette fédération.

Le ministre du Budget, Jean-Fidèle Otandault, a insisté pour dire que les portes restaient ouvertes aux non signataires. L'objectif est de ne pas couler l'économie gabonaise durement frappée par la crise des matières premières.