Guinée: les assassins du 28 septembre 2009 toujours pas jugés

Le 28 septembre 2009, le rassemblement de l'opposition au grand stade de Conakry est réprimé dans le sang par l'armée.
© Seyllou/AFP)

Des ONG de défense des droits de l'homme se sont retrouvées jeudi 28 septembre 2017 à Conakry pour le 8e anniversaire des tragiques événements survenus le 28 septembre 2009 dans un stade de la capitale guinéenne. Ce jour-là, 157 opposants avaient été massacrés par des soldats de la junte au pouvoir. Une dizaine de personnes haut placées ont été inculpées mais le procès tarde à venir.

Si le procès des meurtriers du 28 septembre 2009 tarde à venir, c’est qu’on se camouffle, selon les victimes, derrière une commission rogatoire - qui a toutes les chances de ne pas réussir sa mission d’interroger à Paris le général Sékouba Konaté - pour aller de report en report dans la clôture de cette instruction judiciaire.

Le général Sékouba Konaté, ancien chef de la transition en Guinée, a pourtant dit et répété qu’il ne répondra pas à la justice guinéenne. « Les victimes ayant estimé qu’on est en train de les rouler dans la farine concernant cette commission rogatoire, ont décidé de déposer plainte devant le parquet de Dixinn », a déclaré Me Hamidou Barry, avocat des victimes.

La date de clôture de l’instruction encore repoussée de deux mois

Ministre de la Défense de la junte au pouvoir au moment du massacre des opposants au régime, Sékouba Konaté doit témoigner. C’est pourquoi le ministre guinéen de la Justice Cheick Sakho a encore repoussé d'un mois la date de clôture de l’instruction de ce dossier du 28-Septembre.

« Vous savez, ça ce sont des discours politiques. Une procédure en instruction, on ne peut pas donner une date butoir au juge », remarque Me Hamidou Barry.

« Il y a certainement des personnes qui aimeraient voir l’échec du procès »

Le secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), le Congolais Paul Nsapu, spécialement dépêché à Conakry pour assister aux festivités commémoratives, ne tient pas forcément à cette commission rogatoire :

« Nous avons besoin d’un procès et tout ce qu’on pose comme conditions - commission rogatoire, confrontation -, le procès pourra récupérer tout cela. Il y a certainement dans ce pays - ils ne sont pas nombreux - des personnes qui aimeraient voir l’échec de ce procès. » Voilà huit ans que les victimes réclament justice, en vain.