Signes de durcissement dans la politique migratoire algérienne

Cette fois les arrestations de migrants en Algérie ne font suite à aucune violence (photo d'illustration).
© FAYEZ NURELDINE / AFP

Des dizaines de migrants d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale arrêtés la semaine dernière ont été expulsés ce weekend d’Algérie, sans que l'on sache où ils sont désormais. Si les autorités n'ont donné aucune explication sur les raisons de ces expulsions, il s'agit bien d'un changement de la politique migratoire d’Alger.

Au mois de décembre, l'opération d'arrestation et d'expulsion avait eu lieu après des affrontements entre migrants et habitants dans un quartier d'Alger. Ce sont également d'autres affrontements qui avaient poussé les autorités à déplacer les migrants de certaines villes du sud du pays l'année dernière.

Cette fois, aucun épisode de violence. Mais il existe des facteurs de tensions. Tension nationale d'abord : la présence dans de nombreuses villes du pays de filières de mendicité venues du Niger a notamment rendu les migrants beaucoup plus visibles aux yeux des Algériens. Mais tension régionale également : depuis deux ans, de nombreux migrants installés en Algérie ont pris la route de la Libye et sont arrivés en Europe. D'autres, nombreux, ont continué d'arriver par le sud du pays dans l'espoir de prendre cette même route.

Alger semble donc vouloir limiter l'immigration subsaharienne en emmenant les migrants arrêtés de l'autre côté de la frontière. Pourtant, une partie des migrants expulsés au mois de décembre avaient fini par revenir en Algérie.

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