Côte d'Ivoire: la filière du cacao face aux défis du développement durable

Un homme rassemblent des fèves de cacao, en Côte d'Ivoire.
© Sia Kambou / AFP

Depuis un an, le cacao s'est révélé peu « durable » en Côte d'Ivoire, pourtant le champion mondial. Peu durable pour l'environnement : l'ONG Mighty Earth a révélé que les plantations de Côte d'Ivoire avaient détruit des forêts classées. Le cacao n'a pas été durable non plus économiquement puisque la chute des cours a mis en danger les revenus des producteurs ivoiriens. Comment rendre le cacao durable ? C'est l'interrogation de la filière cette année pour la journée mondiale du cacao, célébrée ce dimanche 1er octobre.

Un cacao durable, ce sont d'abord des producteurs qui vivent décemment de cette culture. Or les cours de la fève ont plongé de 30% depuis juillet dernier. Difficile de s'en sortir en Côte d'Ivoire, où le rendement à l'hectare n'a pas progressé, malgré les objectifs ambitieux du Conseil café-cacao.

« Nous voulons, à terme, dans dix ans, atteindre au moins une tonne à l'hectare, pour les producteurs », explique Robert Yapo Assamoi, directeur de la durabilité. Il précise que le ratio est actuellement de 500 kg à l’hectare.

500 kg contre 1,5 tonne en République dominicaine. Les rendements ivoiriens ne décollent pas, les semences « Mercedes » vendues par les labos nationaux du CNRA n'ont pas été les bolides promis.

Si la récolte ivoirienne a battu ses records historiques, c'est grâce à la pluie et à l'extension démesurée des plantations, aux dépens des forêts classées. Cela n'est pas durable, estime Patrick Poirier, PDG du chocolatier Cemoi qui transforme les fèves en Côte d'Ivoire.

« C'est la limite aujourd'hui : plus personne n'accepte que les arbres soient coupés. Donc là, on va vraiment devoir augmenter la productivité des exploitations parce que les producteurs ne vont pas pouvoir augmenter leurs surfaces ».

Egalement président du Syndicat du chocolat, Patrick Poirier plaide pour une reconnaissance des cacaos fins de Côte d'Ivoire par l'ICCO. Certaines coopératives ivoiriennes ont atteint d'après lui une qualité extraordinaire en termes de goût, qui devrait être mieux valorisée.