Sénégal: le futur TER provoque la colère des expropriés

Face à face entre manifestants et la police qui a éparpillé la foule en utilisant des gaz lacrymogènes, à Thiaroye, au Sénégal, ce 30 septembre 2017.
© Guillaume Thibault / RFI

Au Sénégal, il n’est pas bon de critiquer le futur TER (Train express régional) construit par l’entreprise française Alstom et qui va relier Dakar au nouvel aéroport, situé à 40 kilomètres de la capitale. Le tracé de ce futur train traverse des communes populaires de la grande banlieue et nécessite l’expropriation de nombreuses familles. Pour la première fois, ce samedi 30 septembre, des habitants de Thiaroye se sont rassemblés pour dénoncer notamment les faibles montants des indemnités.

« Ma maison, ma richesse, recasement ou rien ». Vêtus en rouge et présents dès le début du rassemblement, ce samedi à 9h00, femmes, hommes, enfants sont venus, pancartes à la main, défendre leurs droits. Pour le collectif, plus de 250 000 familles seront impactées par ce futur train qui doit désengorger Dakar. Pour exproprier, l’Etat propose 19 000 francs CFA du mètre carré. Une somme que le collectif estime insuffisante.

Toutes ces familles risquent de se retrouver dans la pauvreté extrême puisqu’ils n’auront plus de maison.
Rassemblement des habitants de Thiaroye
30-09-2017 - Par Guillaume Thibault

Les gaz lacrymogènes n'ont pas eu l'impact escompté. Les yeux rougis, les manifestants sont revenus à la charge... Leur but, obtenir la libération de leurs frères, voisins, amis, arrêtés une heure plus tôt.

Mais pourquoi on va arrêter notre frère, pourquoi ? On va marcher jusqu'à la police, jusqu'à la fin du monde…
Les manifestants sont revenus à la charge.
01-10-2017 - Par Guillaume Thibault

L'intervention de  l'imam et du chef de quartier a permis de calmer les esprits. Les personnes arrêtées ont été libérée vers 16h. Les déplacés du TER comptent en tout cas poursuivre leur action. Selon le collectif le TER va entrainer le déplacement de 150 000 personnes.