Indépendance du Nigeria: le président plaide en faveur de l’unité nationale

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, le 22 août 2017.
© Sunday AGHAEZE / NIGERIA STATE HOUSE / AFP

Le Nigeria fête, ce dimanche 1er octobre, le 57e anniversaire de son indépendance, l'occasion pour le président Muhammadu Buhari de prononcer un discours en forme de bilan. En effet, le chef de l'Etat ne s'est exprimé qu'une seule fois depuis son retour au pays, après un long congé maladie. Cette année, les cérémonies d'indépendance sont marquées par la question très sensible de la préservation de l'unité du pays.

C'est un bilan de mi-parcours qu'a donc délivré le chef de l’Etat. Le président Buhari a rappelé que selon lui il n'avait pas dévié de ses promesses de campagne. Sécurité, diversification de l'économie et la lutte contre la corruption sont toujours ses axes prioritaires. Des objectifs qu'il poursuivra jusqu'à la fin de son mandat.

Mais son discours a surtout été marqué par la la question très sensible de la préservation de l'unité nationale. Le Nigeria est confronté à un regain sécessionniste, notamment au Biafra, dans le sud-est du pays. Lors de son discours, le président Muhammadu Buhari s'est voulu inflexible. Alors que la multiplication des foyers internes de tensions fait tanguer la fédération, il est hors de question de remettre en question cette unité.

« Des groupes hautement irresponsables ont profité du débat légitime sur la réorganisation du pays pour appeler au démembrement du pays. Nous ne pouvons pas accepter et n'autoriserons pas ces appels », a-t-il prévenu. Muhammadu Buhari a reproché aux leaders des communautés ibos leur silence face l'agitation sécessionniste. Et il s'est notamment dit déçu par ceux qui, comme lui, ont vécu la guerre du Biafra.

« Alors que j'étais un jeune officier de l'armée, j'ai participé, du début à la fin, à la guerre civile tragique qui a coûté la vie à près de 2 millions de personnes. Une guerre qui a provoqué des destructions terribles et des souffrances inédites. Ceux qui s'agitent pour une lutte sécessionniste n'étaient pas nés en 1967 et n'ont aucune idée des conséquences horribles de la guerre civile que nous avons endurées. Je suis extrêmement déçu que les chefs de ces communautés n'arrivent pas à alerter leurs jeunes fougueux sur la folie d'une nouvelle guerre », s’est insurgé le chef de l’Etat nigérian.

Le président Buhari a regretté que la liberté de parole et d'association garantie par la Constitution puisse parfois « ouvrir la porte à des abus ». Pour l'ex-major général, la restructuration de la fédération est un débat qui doit se tenir dans le cadre parlementaire.

« Tout besoin de dialogue ou désir de changement constitutionnel devrait avoir lieu de façon rationnelle, dans le cadre prévu par nos institutions, à savoir le Parlement. Ces assemblées sont le forum légitime et autorisé pour un débat national. Nous avons prévu de donner une réponse aux doléances légitimes des communautés. Le gouvernement est reconnaissant aux chefs responsables de ces communautés et va poursuivre la recherche d'une paix durable dans le delta du Niger », a ajouté le président Muhammadu Buhari lors de son discours sur les médias nationaux nigérians.

La menace Boko Haram

Le chef de l'Etat a également rendu un hommage appuyé aux soldats engagés dans la lutte contre Boko Haram. « Nous devons remercier nos forces armées pour avoir réussi à repousser les frontières du terrorisme de Boko Haram, les avoir vaincu et réduit à mener des attaques lâches sur des cibles vulnérables. » Et pour joindre ses paroles aux actes, Muhammadu Buhari a visité ce dimanche ces troupes à Maiduguri, au siège l'opération Lafiya Dole.

« Nous forces armées pour améliorer la capacité opérationnelle des troupes de l'opération Lafiya Dole ont mis en place des équipes mobiles dans le nord-est. Ces unités vont permettre de repousser les derniers restes de Boko Haram, a estimé le président. De plus, à travers des attaques aériennes ciblées, la plupart des chefs et des bases logistiques de Boko Haram ont été neutralisés. »

Muhammadu Buhari a précisé que l'armée nigériane avait établi une présence navale dans le bassin du lac Tchad afin de « participer aux efforts militaires régionaux pour bloquer la réémergence de cette secte dans cette zone. » Le chef de l'Etat a également promis que tout était mis en oeuvre pour libérer les jeunes filles de Chibok qui sont encore aux mains de la secte terroriste.