Les autorités sénégalaises ferment toutes les écoles turques du groupe Yavuz-Selim

A Dakar, le collège Bosphore fait partie des sept établissements Yavuz-Selim bouclés ce lundi matin par forces de sécurité.
© RFI/Guillaume Thibault

Au Sénégal, colère et amertume ont saisi, ce lundi matin, de nombreux parents d'élèves. L'Etat a en effet décidé la fermeture des sept écoles du groupe turc Yavuz-Selim, des établissements privés liés à Fethullah Gülen accusé par Ankara d'être à l'origine de la tentative de coup d'Etat durant l'été 2016. A Dakar, c'est l'armée qui a pris possession ce matin des établissements.

La scène est surréaliste : des soldats pour bloquer des écoles. Devant le collège Bosphore, les élèves sont perdus, comme Moussa, 15 ans : « On s’est levés pour aller à l’école et on a trouvé des policiers devant la porte qui disaient que c’était terminé pour l’école, qu’elle était fermée ».

Mamadou Kebe, président de l'association des parents d'élèves, a tenté de rentrer dans le collège, mais les forces de sécurité l’en ont empêché : « Le droit à l’éducation a été dénié aujourd’hui. Nous avons sept établissements dans le Sénégal avec environ 3 000 élèves et 500 employés sénégalais. Nous sommes en colère, nous sommes choqués, nous sommes inquiets ».

Un arrêté

C'est via un arrêté que l'Etat sénégalais a décidé de fermer les écoles Yavuz-Selim pour les attribuer à la fondation de l'Etat turc Maarif. Maitre Sarr rappelle que ces écoles sont pourtant privées et qu’elles appartiennent aujourd'hui à des investisseurs français et sénégalais : « C’est notre bien et l’Etat du Sénégal ne peut pas confisquer, ne peut pas mettre la main sur notre bien. Nous allons mener le combat ».

Le président Macky Sall qui veut faire de l'enseignement une priorité a-t-il reçu des pressions de son homologue turc ? Une évidence pour Mansour Gueye qui a son fils en classe de 4e : « Je ne comprends pas ce que Macky Sall est en train de faire dans ce pays. Personne ne comprend ».

L'Etat sénégalais a indiqué qu'il engagera les concertations nécessaires pour assurer la continuité de l'enseignement. En attendant, les élèves du groupe Yavuz-Selim sont sans école.