Cameroun: lourd bilan après une journée d’affrontements en zones anglophones

Un homme arrêté à Buea au Cameroun en marge de la protestation, le 1 octobre 2017.
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Le divorce est consommé au Cameroun entre le pouvoir central et les séparatistes anglophones dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest. Les protestataires qui se sentent marginalisés, mis à l'écart depuis des mois ont proclamé symboliquement l'indépendance de la zone ce dimanche un État appelé « Ambazonie ». Des violences ont alors éclaté et le bilan est lourd.

Le bilan des dernières violences pour la région du sud-ouest est lourd, au moins sept morts et des dizaines de blessés selon des chiffres non officiels. À Ikiliwindi, près de Kumba, un poste de gendarmerie a été attaqué, les gendarmes en sous-effectifs ont ouvert le feu sur les insurgés faisant trois morts avant de prendre la fuite. Ce poste de gendarmerie par la suite a littéralement été mis à sac.

Un autre mort a été signalé à Kumba. Un moto taximan est tombé sous les balles de la police après qu’il ait bravé l’interdiction de circulation dans la ville. Au moins trois autres morts auraient aussi été enregistrés dans des localités près de Buea. Du côté des forces de l’ordre, l’on dénombre cinq blessés, dont un militaire violemment molesté dans la ville de Nkambe. Son arme a par ailleurs été arrachée. À Bamenda, dans le nord-ouest, la journée a été moins fiévreuse. Deux morts cependant ont été comptabilisés dans la localité de Bamalang.

Pour la première fois, la crise a débordé des seules régions anglophones. Un commissariat de police a ainsi été attaqué par des individus non identifiés dans la petite ville de Fongo-Tongo située dans la région voisine de l’Ouest. Ce lundi matin, la tension n’était toujours pas retombée. Le couvre-feu reste en vigueur autant à Bamenda qu’à Buea. Les populations échaudées pas les affrontements d’hier sont quant à elles terrées chez elles.