Ethiopie: la fête oromo Ireecha célébrée dans le calme, un an après le drame

Cérémonie d'hommage aux victimes d'une bousculade meurtrière provoquée par des tirs de gaz lacrymogène de la part de la police, dimanche au cours du festival religieux oromo Ireecha à Bishoftu, à Addis-Abeba, le 9 octobre 2016 (image d'archives).
© REUTERS/Tiksa Negeri

La nation oromo a fêté dimanche 1er octobre l'un de ses plus importants festivals religieux, l'Ireecha, qui est célébré en famille chaque année, début octobre, à Bishoftu sur les rives du lac Harsadi, à 50 km d'Addis Abeba. L'année dernière, cette fête avait été marquée par la mort d'au moins 50 pèlerins après une bavure de la police, alors même que tout le pays oromo était secoué par des manifestations anti-gouvernementales qui ont fait près de mille morts entre 2015 et 2016. Alors cette année, ce drame était encore dans toutes les têtes.

La fête d'Ireecha pour les Oromos, c'est un remerciement. Elle marque l'arrivée d'une nouvelle époque, après la saison des pluies, toujours très boueuse en Ethiopie. Mais cette année, les fidèles avaient bien sûr en tête le drame qui a frappé la fête l'année dernière.

Plusieurs dizaines de pèlerins avaient alors trouvé la mort, écrasés les uns contre les autres dans un fossé, pendant un mouvement de panique provoqué par des tirs de gaz lacrymogènes de la police fédérale. Une police fédérale alors très nerveuse, en pleine vague de manifestations de colère de la jeunesse oromo, des manifestations qui ont été réprimées dans le sang.

Mais ce dimanche, tout s'est passé dans le calme. Les orateurs ont tenu des propos très anti-gouvernementaux, allant jusqu'à faire le célèbre signe de ralliement de la contestation, les bras croisés au-dessus de la tête, ou appelant la foule à conspuer les « Woyane », le nom péjoratif donné aux Tigréens qui dominent le pouvoir en Ethiopie. Mais la police s'est tenue prudemment à l'écart. Et la fête s'est terminée sans incident.

L'année dernière, dans la foulée du drame, le gouvernement avait instauré l'état d'urgence, étouffant la contestation populaire. Une contestation qui couve encore dans les cœurs, à l'évidence.