Cameroun anglophone: Amnesty évoque 17 morts, le gouvernement conteste

Des heurts ont éclaté lors de manifestations au Cameroun anglophone, ici à Bamenda, le 1er octobre 2017.
© REUTERS/via Reuters TV

Au Cameroun, au moins 17 personnes auraient perdu la vie dimanche dans des violences survenues dans les régions anglophones, selon Amnesty International. Un bilan nié par les autorités camerounaises, qui parlent plutôt de dix morts.

Selon Ilaria Allegrozzi, chercheuse à Amnesty International, les 17 victimes ont été tuées par les forces de sécurité lors des manifestations organisées dans une quarantaine de villes et villages du nord-ouest et du sud-ouest du pays.

« Nous avons pu parler avec nos sources sur le terrain, des sources diversifiées : des journalistes, des activistes, des citoyens lambda et des contacts avec qui nous travaillons toujours, y compris des avocats qui ont pu regrouper des informations à travers des vérifications sur le terrain, notamment aussi avec des sources médicales et avec les témoins oculaires des violences et des gens qui ont vu des personnes qui ont été tuées, notamment par balle », explique Ilaria Allegrozzi à RFI.

Elle assure que « dans la plupart des cas » les manifestations de dimanche étaient pacifiques. « Néanmoins, il y a eu également des informations qui nous ont été rapportées par rapport à des manifestants qui auraient aussi utilisé de la violence. On a également reçu l’information que des militaires auraient été blessés, mais des blessures mineures et jamais par balle. Alors qu’il y en a des dizaines de personnes qui ont été blessées par balle et qui sont maintenant à l’hôpital dans un état critique. Le bilan pourrait être beaucoup plus lourd. »

De son côté, le gouvernement évoque 10 morts

Les forces de l'ordre n'ont pas levé le camp dans les régions anglophones du Cameroun. Elles patrouillaient encore ce lundi dans les rues des principales villes des régions touchées par les violences de la veille. Les autorités camerounaises qui démentent le bilan de 17 morts évoqué par Amnesty International.

« Il y a juste une dizaine de morts, parmi lesquels cinq prisonniers, assure Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. S’agissant de ceux-là, les prisonniers ont mis le feu dans leur prison. Malheureusement, cinq d’entre eux ont perdu la vie. Ensuite cinq autres compatriotes se sont servis d’armes contre nos forces de défense et de sécurité. Et en légitime défense, ils ont fait l’usage de leur arme. Malheureusement, ces cinq Camerounais sont tombés. Voici donc le bilan que présente le gouvernement. Nous ne savons pas où [Amnesty International] a trouvé les sept autres supplémentaires. »