Chemin de fer Cotonou-Niamey: la justice déboute l’Etat béninois et Bolloré

La boucle ferroviaire doit être prête en 2024 et reliera Abidjan, Ouagadougou, Niamey et Cotonou.
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C’est la fin d'un bras de fer juridique au Bénin entre d'une part l'Etat, et le groupe français Bolloré, et de l'autre l'homme d'affaires Samuel Dossou, PDG du groupe Pétrolin. Un contentieux qui concerne le projet de boucle ferroviaire de l'Ouest africain entre le Niger et le Bénin. Et pour sa réalisation, la Cour suprême a finalement donné raison à Samuel Dossou, l'homme qui a imaginé, conçu et mis en place ce projet.

Le projet de boucle ferroviaire de l'ouest africain commence en 2008 lorsque le Bénin et le Niger lancent ensemble un appel d'offres pour la construction et la gestion d'une ligne entre Cotonou et Niamey. L'appel d'offres est remporté par le groupe privé Pétrolin. Son PDG Samuel Dossou Aworet prévoit d'étendre la ligne à un port en eau profonde et des ports secs, Parakou au Bénin à Dosso au Niger. La ligne pouvant aller jusqu'à l'aéroport international de Kraké à la frontière entre le Bénin et le Nigeria.

En 2013, le gouvernement du président Yayi Boni dessaisit Pétrolin de ce projet et le confie au groupe Bolloré, via la société Benirail dans le cadre d'un partenariat public privé. Le projet est alors intégré au grand chantier ferré de Bolloré Africa Logistics. Une ligne de chemin de fer reliant Cotonou, à Abidjan en passant par Niamey et Ouagadougou.

Un chantier à un milliard avait titré la presse à la signature en 2015 des conventions de concession de la ligne entre le Niger et le Bénin avec plus de 1 000 kilomètres gérés par Benirail. Mais en novembre 2015, la justice donne gain de cause à Pétrolin, obligeant Bolloré et l'Etat béninois à porter l'affaire devant la Cour suprême qui a donc tranché en faveur de Pétrolin. Une décision que le groupe Bolloré n'avait pas encore confirmée lundi soir.