Maroc: 20 militants et responsables du mouvement Hirak devant la justice

Ils sont une vingtaine de responsables du mouvement Hirak à faire face à la justice, ce mardi 3 octobre 2017, devant le tribunal de Casablanca, au Maroc.
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Ils sont une vingtaine de responsables du mouvement Hirak à faire face à la justice, ce mardi, devant le tribunal de Casablanca, au Maroc. Ce mouvement de contestation, qui secoue la région du Rif, au nord du royaume depuis près d'un an, réclame plus de développement, plus d'investissements pour la région. Cette audience est l’occasion pour les avocats de la défense de dénoncer les conditions de détention. Certains membres du Hirak sont d'ailleurs en grève de la faim.

Depuis le début de la grève de la faim, suivie par environ une vingtaine de détenus, l’entourage des militants se plaint de mesures de rétorsion exercées par l’administration pénitentiaire : fouilles au corps, atteintes aux biens des personnes dans les cellules, entraves à la communication entre détenus et avocats ou encore avec les familles.

Par ailleurs, la défense de Nasser Zefzafi, le leader du mouvement, a déposé une plainte ce lundi. Une plainte officielle auprès des directions générales des prisons pour avoir maintenu à l’isolement le leader de la contestation du Rif. Selon sa défense, depuis quatre mois, Nasser Zefzafi est interdit de tout contact avec les autres détenus. Un traitement qui porterait atteinte à sa santé psychologique depuis la fin du mois de mai dernier.

A l’époque, Nasser Zefzafi et 50 autres militants considérés comme étant les têtes pensantes du Hirak avaient été arrêtés et transférés à Casablanca. L’instruction s’est terminée à la fin du mois d’août. Ce mardi, il s’agit de la deuxième audience d’un premier groupe de 21 détenus. La dizaine de chefs d’inculpation leur fait encourir des peines allant de 2 à 30 ans de prison ferme.

L’audience de ce jour doit être normalement consacrée aux plaidoiries des avocats, mais toute la matinée un autre cas a été examiné. Il s’agit de celui du journaliste militant, Hamid el-Mahdaoui, qui comparaissait pour avoir incité les citoyens à manifester à al-Hoceima. Son cas a finalement été renvoyé au 17 octobre 2017. Environ 300 personnes au total à al Hoceima sont également dans l’attente d’un jugement pour leur participation au mouvement de contestation.


■ Selon un rapport, il n’y a pas de corruption dans le Rif, mais les projets de développement tardent

Un rapport vient d'être remis au roi Mohammed VI sur les projets de développement dans cette région du RIF. L'enquête a été lancée au mois de juin dernier et demandée par le roi lui-même.

Les conclusions remises au roi marocain par les ministres de l'Intérieur et celui des Finances portent sur le programme de développement dédié à la ville d'Al-Hoceïma, souligne le cabinet royal. Dans les conclusions, il est reconnu qu'il y a eu du retard et même parfois une non-exécution des projets. Mais les rapports nient l'existence de fraude ou des malversations. Les rapports évoquent la responsabilité des personnes chargées de mener à bien ces projets et qui étaient en poste en 2015.

Le cabinet royal a annoncé, par ailleurs, que le roi Mohammed VI a chargé la Cour des comptes d'examiner les résultats de l'enquête dans un délai qui ne devrait pas dépasser dix jours. Selon des sources bien informées, le sujet sera évoqué par le souverain marocain dans son discours du 13 octobre, à l'occasion de la rentrée parlementaire.

Les activistes d'Al-Hoceima réclament la possibilité de consulter les deux rapports avant d'émettre un avis. « Personne n'a vu ces rapports et on ne sait pas s'ils évoquent les raisons pour lesquelles les projets n'ont pas été exécutés » proteste Mohamad Zayani, un avocat du Hirak. Le Maroc souffre de corruption et les projets sont très souvent freinés par une bureaucratie lente et lourde.