Constitution en Ouganda: des députés de l’opposition visés par des grenades

Le député Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, devant la fenêtre de la chambre de son fils, qui a volé en éclat après l'explosion d'une grenade, le 3 octobre 2017.
© RFI/Gaël Grilhot

En Ouganda, le quotidien est désormais rythmé par la question de la modification de la Constitution concernant l’âge limite du président Museveni. Un projet d’amendement de la Constitution permettrait à Museveni au pouvoir depuis plus de 30 ans de se présenter pour un nouveau mandat en 2021. Les députés de l’opposition font de plus en plus face à des menaces et même des attaques physiques. Mardi 3 octobre, le projet de loi a été déposé pour première lecture au Parlement. Un acte officiel et symbolique. Mais très peu d’opposants étaient présents au Parlement pour ce moment.

Le texte est formellement déposé au Parlement pour la première lecture. Mais en face de la majorité, les bancs de l’opposition sont restés vides. Pour Edson Kafuuzi, l’un des porteurs du projet de réforme, elle ne doit pas se poser en victime.

« Les députés de l’opposition ne sont pas présents parce qu’ils ont été suspendus ou ils ont fait le choix de rester à l’écart. Cela n’a rien à voir avec les menaces qu’ils reçoivent. Même nous qui proposons cette loi nous sommes menacés. Pour moi le problème vient du fait que nos collègues de l’opposition ont débuté ce qu’ils appellent la ‘’défiance’’ afin de protester. Mais cela engendre de la violence. »

En une semaine, des grenades ont été lancées devant les résidences de trois députés d’opposition. Mardi matin, chez Bobi Wine, le célèbre chanteur entré récemment en politique, on constate les dégâts.

S’il s’inquiète pour sa famille - la grenade a fait voler en éclats la vitre de la chambre de son fils - Bobi Wine n’est pas surpris de cette attaque. « Avant que cela arrive, j’ai reçu des appels anonymes me recommandant d’arrêter de m’opposer au retrait de l’âge limite ou je serais tué. Tout cela, selon moi, a pour objectif de m’intimider et de me réduire au silence. Mais je dis à ces gens, qu’importe les menaces, cela ne changera pas ma décision de défendre la Constitution. »

Le comité juridique a désormais 45 jours pour renvoyer le texte devant le Parlement pour être débattu.

(Re)lire : Ouganda: la position de l'armée sur l'âge limite du président en question

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