CPI: la défense de Blé Goudé questionne Mangou

Philippe Mangou, chef d’état-major des armées de Côte d’Ivoire, pendant la crise post-électorale (photo d'archives).
© RFI/Norbert Navarro

C’est la suite du procès de Laurent Gbagbo et de son co-accusé Charles Blé Goudé à La Haye : ce mercredi 4 octobre, c'était au tour des conseillers de Charles Blé Goudé d'interroger Philippe Mangou, l'ancien chef d'état-major de l'armée ivoirienne au moment de la crise post-électorale. Pour rappel, Charles Blé Goudé a créé et dirigé les Jeunes patriotes. La justice l'accuse de crimes graves, d'avoir attisé les divisions durant la crise post-électorale. Compte rendu.

L'interrogatoire par les avocats de Charles Blé Goudé débute sur un récit factuel: Me Alexander Krops demande à Philippe Mangou d'expliciter une fois de plus les difficultés des Forces de défense et de sécurité dans l'offensive d'Abobo les 22 et 23 février 2011.

Et une fois de plus, Philippe Mangou explique que les FDS avaient du mal à faire face au « commando invisible » qui se fondait parmi les populations. « L'ennemi avait pris en otage les populations, répète-t-il, c'est pour cela que nous ne sommes pas parvenus à remplir notre mission. »

Puis les avocats s'intéressent aux dérives de la Mission des Nations unies en Côte d'Ivoire, l'Onuci. S'appuyant sur des reportages télévisés, Me Claver N'dri fait état de civils tués. Extrait de ce question-réponse : « Ce que je dois retenir, parce que je voudrais obtenir quelque chose, dans les faits, est-ce que oui ou non, certains membres de la mission ont tiré sur des civils ? »

« Oui, j’affirme, sur cette vidéo, nous avons vu le nom de la victime, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur les circonstances de ses blessures ? »

« Je ne me rappelle plus des circonstances, mais je sais que l’Onuci a souvent tiré sur les jeunes Ivoiriens, tout simplement parce qu’ils ont mis un branchage sur la route, pour empêcher le passage du char, ou bien tout simplement parce qu’ils se sont opposés à leurs déplacements, ils ont tiré sur eux. »

Une vision qui tranche avec l'image que Charles Blé Goudé a voulu donner de lui au début du procès. « Moi j'ai peur de la guerre », avait-il lancé à l'ouverture de son procès, se décrivant comme « un pacifiste dans l'âme ».