Migrants: reprise à Palerme du procès d'un Erythréen soupçonné chef d’un réseau

Les policiers italiens sont accompagnés d'un homme identifié par eux comme un trafiquant, mais qui ne serait qu'un migrant, Palerme, 8 juin 2016.
© Italian Police Department/Handout via REUTERS

Le procès d'un Erythréen arrêté en mai 2016 et soupçonné d'avoir dirigé un important réseau de passeurs, responsable de la mort de centaines de personnes, a repris mardi 3 octobre à Palerme en Italie. Ce réseau est notamment accusé de la mort de 366 personnes dans leur bateau qui a brûlé au large de Lampedusa. Mais le doute persiste sur l'identité de l'accusé qui assure être victime d'une terrible erreur judiciaire.

Pour la justice italienne, l'homme dans le box des accusés est Medhanie Yedhego Mered, un multimillionnaire soupçonné d'être à la tête d'un vaste réseau de passeurs responsable de la mort de centaines de personnes.

L'accusé, lui, nie catégoriquement être cet homme-là : « Ce n'est pas mon nom, ce n'est pas mon prénom, ce n'est pas mon identité ! », se défend-il, face aux juges.

Depuis son arrestation, l'an dernier, il ne cesse de crier à l'erreur judiciaire. Sa famille assure qu'il s'appelle en réalité Medhanie Tesfamariam. Des documents et témoignages étayent cette version des faits : plusieurs personnes ayant eu affaire au « vrai » Medhanie Yedhego Mered ont déclaré ne pas reconnaître le jeune homme arrêté. La photographie qui figure sur le mandat d'arrêt international du trafiquant présumé ne correspond pas non plus à l'accusé. Cet été un hebdomadaire américain, The New Yorker, a affirmé que le vrai Medhanie Yedhego Mered était en prison en 2016. C'est à dire au moment de l'arrestation du jeune homme jugé en Italie. Malgré tous ces éléments, la procédure judiciaire dure depuis 18 mois.