Madagascar: le président veut réformer la Constitution, la société civile refuse

Le président malgache Hery Rajaonarimampianina veut une réforme de la Constitution avant les élections présidentielles de 2018.
© AFP/JACQUES DEMARTHON

A Madagascar, alors que le président de la République Hery Rajaonarimampianina s'est dit favorable à une modification de la Constitution, les organisations de la société civile haussent le ton. Pour elles, ce projet de modification de la Constitution « révèle une volonté de se prolonger au pouvoir ». Elles estiment qu’une modification de la Constitution engendrerait un report l'élection présidentielle –  prévue à la fin 2018 – et pourrait même mener à une crise politique.

Si l'on s'en tient à la Constitution actuelle, l'élection présidentielle devrait se tenir entre le 24 novembre et le 24 décembre 2018. Un délai trop court pour organiser un scrutin à deux tours, avance le président Héry Rajaonarimampianina, qui souhaite donc une modification.

« Ce n'est pas à un pouvoir sortant de réviser la Constitution », rétorquent à l'unisson les organisations de la société civile. Harijaona Andriamora Niaina est le coordinateur du mouvement Rohy, qui regroupe 76 organisations dans tout le pays. A ses yeux, « vu le contexte historique et le comportement des acteurs politiques de Madagascar », la modification souhaitée par le président serait « source d’une nouvelle crise. Une porte ouverte pour des risques électoraux ».

Pourtant, le militant admet volontiers que la Constitution actuelle n’est pas parfaite et qu'elle est modifiable. Il estime simplement que, puisque les élections de 2013 ont pu avoir lieu avec le texte actuel, « on peut avoir les élections de 2018 avec cette même Constitution ». Une option qui, surtout, engendre « moins de risques que cette volonté de modifier la Constitution avant les élections de 2018 ».

Autre inquiétude de la société civile : le financement. Une révision de la Constitution exige d'abord un référendum, dont l’organisation coute de l’argent. De l'argent qui n'est pas prévu dans le budget arrêté par la loi de finances de 2018. L'autre risque est donc qu'à cause des dépenses engendrées par ce référendum, il n'y ait plus les moyens financiers pour organiser l'élection présidentielle dans les temps.

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