RDC: l’opposition favorable au maintien des troupes de la Monusco en l’état

Des Casques bleus de la Monusco (contingent pakistanais) dans les rues d’Uvira de jour comme de nuit pour assurer la protection des populations civiles. Ici, le 24 septembre 2017.
© MONUSCO/Force

Le secrétaire général des Nations unies est opposé à la réduction des effectifs de la Monusco. Antonio Guterres a dit craindre pour l'implosion de la République démocratique du Congo (RDC). La question divise majorité et opposition congolaise. Sans le dire ouvertement, l'opposition craint que le pouvoir ne puisse profiter du retrait des troupes de la Monusco pour installer la dictature.

Tout naturellement, la majorité présidentielle congolaise s'aligne sur la vision exprimée, samedi 23 septembre 2017, par Joseph Kabila à la tribune des Nations unies - il réclame une révision du mandat de la Monusco. Pour le porte-parole de la majorité, l'ONU devra tenir compte du point de vue des dirigeants de la RDC.

« Les préoccupations du secrétaire général sont certainement légitimes en fonction de leur rôle actuel. Ils [les soldats de la Monusco, NDLR] doivent être performants pour aider le gouvernement de la République à stabiliser la situation. Donc, pour nous, ça n’a aucune incidence sur les projections faites par le président de la République », a déclaré André Alain Atundu. (Joseph Kabila a insisté, le 23 septembre, sur les discussions pour une réduction des effectifs de la Monusco, qui est la plus importante mission des Nations unies actuellement).

« On ne peut s’imaginer que l’ONU retire les unités de la Monusco »

Quant à l'opposition, à travers le Rassemblement, elle apporte tout son soutien à la position du secrétaire général des Nations unies. Le président du conseil des sages du Rassemblement, Pierre Lumbi Okongo explique : « Personne n’ignore que le pays est encore dans une situation fragile. De nombreuses poches d’insécurité persistent. Donc, on ne peut s’imaginer que l’ONU retire les unités de la Monusco sans risquer l’implosion du pays ». Selon lui, il n'existe aucun argument qui puisse militer en faveur du retrait des troupes de la Monusco.