Congo-B: des services de santé paralysés par une série de grèves illimitées

Vue de Brazzaville, capitale de la République du Congo.
© AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH

Les agents du Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville ont repris, ce mercredi, leur grève générale illimitée suspendue le 10 août dernier. Une reprise du mouvement faute d'avoir obtenu satisfaction sur des revendications qui portent, notamment, sur le paiement de trois mois d'arriérés de salaires. Les mêmes revendications concernent les agents du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) qui ont arrêté le travail depuis le 22 septembre. Ils appellent les autorités à faire rapidement face à leur situation, craignant que les malades entrent en contact avec du sang contaminé.

« Dans la salle où je garde un malade, trois personnes ont perdu leur vie pendant une nuit. C'est criant et c'est déplorable », a raconté à RFI un garde-malade rencontré dans un couloir quasiment vide du CHU. Au loin, il observait deux agents qui assurent le service minimum et menacent de s’arrêter le 14 octobre si les trois mois d'arriérés de salaires qu'ils réclament ne sont pas payés.

Ces agents vivent une situation sociale précaire, comme le témoigne un d'entre eux : « Mes trois enfants (malgré la rentrée qui a eu lieu le 2 octobre, NDLR) ne vont pas à l'école. La première va passer son Brevet d'études du premier cycle (BEPC) cette année. Mais, elle est à la maison jusqu'aujourd'hui. Ca me fait trois mois que je ne paie pas ma maison. Là, j'ai épuisé mes cautions et m'en reste une seule ».

Le CHU n'est pas la seule structure sous-tutelle du ministère de la Santé en grève. Toujours pour revendications salariales, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) est paralysé depuis deux semaines. « Nous souhaitons que notre cas soit vu, que nous puissions avoir les salaires et que nous puissions recommencer le travail afin d'aider nos parents qui sont en train de mourir. Ce sont nos frères, nos sœurs et nos cousins qui sont en train de risquer de prendre du sang mal propre », a laissé entendre un agent du CNTS.

Pour les grévistes, leur mouvement est leur dernier rempart.

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