Polémique autour du franc CFA: la réunion semestrielle évite le sujet qui fâche

Des francs CFA.
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La seconde réunion semestrielle de l’année des ministres des Finances, des gouverneurs des Banques centrales et des présidents des institutions régionales de la zone franc s’est tenue ce jeudi à Paris. La situation générale de la zone est marquée par un réendettement rapide. Le débat soulevé par les Africains, qui appellent à remplacer le franc CFA par une monnaie qui n’est pas arrimée à l’euro, n’a pas été officiellement évoqué.

Réduction des déficits publics, diversification des économies et augmentation des recettes, en faisant notamment rentrer le secteur informel dans le système fiscal, ce sont des pistes évoquées par les ministres des Finances de la zone franc ce jeudi à Paris pour baisser le taux d’endettement.

Quant à une éventuelle réforme du franc CFA : « On n’en a pas parlé aujourd’hui. Ce n’était pas à l’ordre du jour », explique Amadou Ba, le ministre sénégalais des Finances. « Même si maintenant dans nos instances on discute, parce qu’il n’y a pas de relation figée, non. Il y a un débat qui a cours, nous n’en avons pas parlé et nous n’avons pas évoqué les questions de parité. Donc c’est le statu quo pour encore longtemps », ajoute le ministre.

A ceux qui réclament le détachement du franc CFA de l’euro et la création d’une nouvelle monnaie pour rompre avec l’histoire de la colonisation, le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, Abbas Mahamat Tolli rétorque que ce ne sera pas une garantie de croissance.

« Si la conjoncture exige que ces accords évoluent, je pense que ça va évoluer. Ce qui nous intéresse davantage, c’est comment diversifier les bases d’économie, assurer une croissance durable et soutenable pour réduire la pauvreté. La monnaie de façon isolée ne fait pas le développement ».

L’arrimage du franc CFA à l’euro et la parité fixe se traduisent par le dépôt de 50% des recettes en devises des pays de la zone franc sur un compte d’opération à la Banque de France. Un compte rémunéré à 0,75%, le prix à payer pour la stabilité monétaire de la zone franc.