Putsh raté au Burkina: polémique sur un nouveau report

Le général Diendéré, à la tête du putsch avorté, le 23 septembre 2015.
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA

L'audience de confirmation des charges dans la procédure judiciaire du coup d'Etat de septembre 2015 au Burkina Faso a été à nouveau reportée au 25 octobre prochain. Les avocats de la défense dénoncent toujours l'absence de certaines pièces du dossier mis à leur disposition, notamment les rapports d'expertise sur les écoutes téléphoniques et des messages extraits des téléphones. Faux, retoque le procureur militaire qui accuse les avocats d'user de méthodes dilatoires pour éviter la tenue de l'audience et du procès.

Après quelques heures de discussions vendredi, l'audience a été suspendue, puis une nouvelle fois reportée au 25 octobre prochain.

Les avocats de la défense dénoncent toujours l'absence des rapports d'expertise sur les documents d'écoutes téléphoniques entre Guillaume Soro et Djibrill Bassolé, et celui des messages recueillis sur les téléphones portables des personnes inculpées.

« Il y a des pièces essentielles de la procédure qui ne nous ont pas été communiquées, à savoir les arrêts qui avaient déjà été rendus pour permettre aux avocats étrangers d’être présents dans la procédure. Et pire encore, il s’avère qu’il y a le dossier entier de l’expertise des communications qui n’a pas été produit dans le dossier aux avocats », affirme Maître Michel Traoré.

« Procédés dilatoires », selon le procureur militaire

Tout cela semble ne pas être du goût du procureur militaire. Alioune Zanré accuse les avocats de multiplier les incidents afin de retarder le procès lié au coup d'Etat de septembre 2015. « Depuis deux semaines, toutes ces pièces sont déposées dans la salle d’audience, assure-t-il. Ce n’est qu’avant-hier que le juge rapporteur est venu soustraire cette pièce-là pour produire son rapport pour l’audience de ce [vendredi] matin. Nous avons déposé le dossier ici, les avocats ne viennent même pas le consulter. Voilà pourquoi nous disons que ce sont des procédés dilatoires. Il faut arrêter ça et le parquet n’a pas d’autres mots que de dire que c’est de l’abus. »

Les avocats de la défense saisissent le Conseil constitutionnel

Les avocats de la défense viennent de saisir le Conseil constitutionnel sur l'inconstitutionnalité de la loi organique portant sur tribunal militaire. Une saisine que le procureur considère comme relevant des manœuvres « dilatoires ».

Le 16 septembre 2015, des soldats du Régiment de sécurité présidentielle, l'ancienne garde prétorienne de l'ex-président Blaise Compaoré, avaient essayé de renverser le gouvernement de transition, en place depuis un an.

Parmi les personnalités emprisonnées pour leur implication présumée au côté du général Gilbert Diendéré, à la tête de ce putsch manqué, l'ex-ministre des Affaires étrangères Djibrill Bassolé.

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