Togo: une nouvelle journée de mobilisation de l'opposition tendue

Dans la manifestation à Lomé le 5 octobre 2017.
© MATTEO FRASCHINI KOFFI / AFP

Les Togolais sont descendus dans les rues mercredi et jeudi pour mettre la pression sur le pouvoir de Faure Gnassingbé et réclamer le retour à la Constitution de 1992, le vote de la diaspora et la libération des détenus politiques. Des manifestations émaillées d’incidents.

Pour ce dernier jour de marche et jour de colère, les manifestations se sont achevées dans la débandade à la nuit tombée.

La longue file de la marée humaine progressait vers la plage. La foule était importante. Selon Yark Damhane, le ministre de la Sécurité, 15 000 personnes, jeunes, femmes et même personnes âgées, ont répondu à l'appel à Lomé.

« Je viens renouveler notre compassion à l'égard de nos compatriotes qui ont été victimes de ces actes irresponsables, a déclaré le ministre. Un constat va être fait. Pour tous ceux qui ont subi des préjudices matériel ou moral, un procès-verbal va être dressé et envoyé au parquet. »

Ce 5 octobre, décrété jour de colère par l'opposition, rappelle le plus important soulèvement de la jeunesse togolaise contre la dictature en 1990. Vingt-sept années après, tout semble au même endroit, selon Paul Dodji Apévon, président des FDR, membres de la coalition des quatorze partis de l'opposition. « On a l’impression de revivre la même chose, mais de manière plus cruelle. Parce que si on nous avait dit que vingt-sept ans après on serait dans une situation plus grave que ce qu’on contestait à l’époque, personne n’aurait pu l’imaginer », souligne-t-il.

La situation demeure préoccupante, mais visiblement l'opposition soupçonne la communauté internationale de comploter contre sa lutte.