Cameroun: la Conférence épiscopale condamne la violence et appelle au dialogue

Des heurts ont éclaté lors de manifestations au Cameroun anglophone, ici à Bamenda, le 1er octobre 2017.
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Suite aux propos, très forts, des évêques de la province ecclésiale de Bamenda, il y a quelques jours, contre la violente répression des manifestations dans les régions anglophones, la hiérarchie catholique camerounaise s’exprime à son tour. La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) condamne l'usage de la force mais avec des mots plus feutrés que les évêques des régions anglophones.

La Conférence des évêques du Cameroun tente de tempérer la colère des évêques de la province de Bamenda. Plusieurs prélats des régions anglophones avaient notamment dénoncé la « barbarie » et « l'usage irresponsable » des armes à feu contre les manifestants qui se sont déroulées, il y a une semaine, le 1er octobre. La CENC s'exprime à son tour.

Joint par RFI, Mgr Samuel Kleda, président de la CENC, appelle, lui aussi, à la fin des violences mais il rappelle, surtout aux chrétiens, leur devoir de dialoguer dans la paix.

« Personne n’a le droit de tuer. Quand nous disons que nous dénonçons la violence, c’est parce qu’il y a eu des morts. Nous dénonçons cela avec la dernière énergie. C’est sûr que les conditions se radicalisent mais il faut voir l’intérêt du pays ! Dans notre lettre, nous avons appelé à l’unité », a-t-il rappelé.

« Nous, au Cameroun, nous ne formons que 23 millions d’habitants et on voudrait faire deux Etats. De l’avis de beaucoup de Camerounais, ce n’est pas la solution à nos problèmes. Nous avons toujours dit qu’il faudrait résoudre le problème du Cameroun de manière générale. Il y a un problème d’injustice qu’il faut résoudre. Que les régions se développent de manière harmonieuse, au même niveau », a ajouté le président de Conférence épiscopale nationale du Cameroun avant de s’adresser surtout aux chrétiens.

« Je commence par m’adresser aux chrétiens. Que nous soyons capables de pardonner. Ce qui est important, c’est d’arriver d’abord à nous accepter tous. Que nos dirigeants acceptent, à l’heure où nous sommes, une sorte d’humilité ou de modestie dans le langage civil, pour pouvoir accepter de parler, de dialoguer de ces problèmes », a souligné Monseigneur Samuel Kleda, président de la CENC.