Zimbabwe: remaniement ministériel attendu sur fond de guerre de faction

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, à Harare, le 12 avril 2017.
© Jekesai NJIKIZANA / AFP

Au Zimbabwe, Robert Mugabe a annoncé samedi soir qu’un remaniement ministériel allait avoir lieu cette semaine, à partir de lundi. Le président va remodeler son équipe gouvernementale à moins d’un an de l’élection présidentielle et alors qu’une guerre de faction a lieu au sein de la Zanu PF. Elle oppose sa femme Grace et son vice-président Emmerson Mnangagwa. Robert Mugabe n’a toujours pas déclaré qui il aimerait voir lui succéder à la tête du pays.

« Certains vont tomber » : Robert Mugabe ne pouvait pas être plus clair pendant son allocution devant la ligue des jeunes de la Zanu PF. Le remaniement sera selon lui l’occasion de faire un point sur les ministres à la hauteur et ceux qui n’auront pas su répondre aux attentes.

Sauf que personne n’est dupe. Cette annonce intervient après une semaine où la tension est encore montée d’un cran entre le vice-président Emmerson Mnangagwa et Grace Mugabe, les deux favoris à sa succession.

Tentative d'empoisonnement

Mercredi, c’est Emmerson Mnangagwa qui a déclenché les hostilités. Celui que l’on surnomme « le Crocodile » a soutenu que c’était bien la femme du président qui avait cherché à l’empoisonner en août. La principale intéressée a réfuté une « accusation stupide ». Elle a ajouté qu’elle n’a aucun intérêt à tenter de se débarrasser de Mnangagwa car « il est tout simplement insignifiant ».

Pendant ce remaniement, Robert Mugabe va peut-être réellement prendre parti pour un des deux camps. Il s’est toujours refusé à le faire jusque-là. Si Mnangagwa était remercié, ce ne serait pas la première fois que Robert Mugabe révoque un vice-président. En 2014, Joice Mujuru avait perdu son poste, car suspecté de préparer un complot dans le dos de Mugabe.