Côte d’Ivoire: un proche de Guillaume Soro écroué pour «complot»

Patrouille des forces de sécurité ivoiriennes à Bouaké, mardi 23 mai 2017, après les incidents survenus le même jour autour d'une manifestation d'ex-rebelles démobilisés.
© REUTERS/Abdul Fatai

En Côte d’Ivoire, Souleymane Kamaraté Koné, dit « Soul to Soul », directeur de cabinet de l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, a été mis en examen ce lundi soir 9 octobre dans le cadre de l’enquête sur les caches d’armes, découvertes le 11 mai dernier lors de la mutinerie à Bouaké. Il a été écroué pour « complot », a annoncé le procureur de la République Richard-Christophe Adou.

Les abords du palais de justice sont sécurisés par la police, le quartier est quadrillé. Les bureaux du procureur et du juge d'instruction qui doit signifier son inculpation à « Soul to Soul » ressemblent à une forteresse imprenable. Des mesures de sécurité exceptionnelles pour Souleymane Karamaté Koné, qui n'est autre que le directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro.

Il est aussi celui chez qui, à Bouaké, une gigantesque cache d’armes avait été découverte le 11 mai dernier, au plus fort des mutineries du printemps. « Au regard de la gravité des faits de détention, de cession d'armes de guerre et de munitions de première catégorie, ainsi que de complot contre l'autorité de l'Etat, M. Souleymane Karamaté Koné a été interpellé ce lundi 9 octobre 2017, a déclaré Richard-Christophe Adou, le procureur de la République. Une information judiciaire avec mandat de dépôt a été ouverte contre lui et toute autre personne concernée. »

« Six tonnes d’armes », a annoncé le procureur de la République, Richard-Christophe Adou, parmi lesquelles des lance-roquettes, des mitrailleuses lourdes, des mortiers et toutes sortes d’explosifs. Un inventaire incroyable. Surtout quand on sait que depuis le processus de désarmement et de réinsertion des ex-combattants, toutes les armes en circulation illégale devaient être remises aux forces de l’ordre.

Mais pour Moussa Touré, le chargé de communication du président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, ce sont là des manœuvres politiques. « Soul to Soul l'a dit : il n'est pas le propriétaire de ces armes, il ne les a pas acquises, il ne les a pas gérées. Sa maison a juste servi de lieu d'entreposage pour l'ensemble des forces républicaines de Côte d'Ivoire qui, sur ordre du président Alassane Ouattara, ont lancé l'assaut pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir. Ces armes n'ont pas été acquises par Soul to Soul, il n'en a pas les moyens », assure-t-il.

L'existence de cette cache d'arme est un arbre qui cache la foret, selon Moussa Touré. Pour lui, à travers « Soul to Soul », les autorités ivoiriennes veulent atteindre Guillaume Soro pour le décrédibiliser avant la présidentielle de 2020.

Il s'agit d'une guerre entre le camp Ouattara et le camp Soro. C'est une guerre qui a pour objectif la suprématie d'un groupe sur l'autre pour la présidentielle de 2020.
Moussa Touré
10-10-2017 - Par Frédéric Garat

Il est 19h25 lundi soir quand une fourgonnette grillagée quitte le palais de justice et traverse le plateau désert avec, à son bord, « Soul to Soul » pour une première nuit en cellule.