Attentat contre Habyarimana: un nouveau témoin accuse le FPR de Kagame

L'attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana (ici en 1982) marque le début du génocide contre les Tutsis.
© AFP

En France, la justice française qui enquête sur l’attentat de 1994 contre l’avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, vient d'ordonner la confrontation d'un nouveau témoin qui corrobore les accusations contre le régime actuel avec deux autres personnes déjà mises en examen, dont le ministre de la Défense James Kabarebe. Ce témoin affirme avoir eu la garde des deux missiles antiaériens qui ont, selon lui, servi à abattre l'avion, sur ordre de son chef, l’actuel président rwandais Paul Kagame. A ce jour, deux thèses s'affrontent toujours.

L’avion a-t-il été abattu depuis la colline de Massaka ou bien de Kanombe ? Deux lieux et deux thèses diamétralement opposées. D'un côté, celle du commando des rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) de Kagame, postés sur la colline Massaka pour abattre l'avion d'Habyarimana.

De l'autre, éloigné de 5 km à peine, la zone du camp de Kanombe, sous bonne surveillance des Forces armées rwandaises (FAR) qui sous-tend la thèse que ce sont les hutus radicaux qui ont tiré et qui auraient voulu se débarrasser d’un président jugé trop modéré.

Le nouveau témoin affirme avoir eu la garde des deux missiles SA-16 au QG tutsi du FPR, à Mulindi. L'homme assurerait avoir conversé avec les deux tireurs des missiles, Frank Nziza et Eric Hakizimana. Tous deux affirment avoir tiré depuis la colline de Massaka, ce qui implique la responsabilité directe de FPR, d'autant plus que Frank Nziza et Eric Hakizimana auraient dit au nouveau témoin que le chargement des missiles se serait fait en présence de James Kabarebe. Ce dernier, aujourd'hui ministre de la Défense à Kigali, et Frank Nziza sont mis en examen depuis fin 2010.

La justice française veut une confrontation entre Kabarebe, Nziza et le nouveau témoin, mi-décembre.

Pour un des défenseurs du pouvoir de Paul Kagame, Maître Maingain, ce nouveau témoin n'est qu'une nouvelle diversion de la justice française.

Voilà quelqu'un qui débarque 23 ans après les faits et qui vient, dans un cadre que nous avons tracé concernant les réseaux qui le soutiennent, en fin de procédure. Nous sommes en train de préparer une réaction et nous allons nous battre pour démontrer la non-crédibilité totale de ce qui est derrière tout ça.

Maître Maingain
09-10-2017 - Par Jean-Jacques Louarn

 

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