Au Sénégal, l’Etat fait marche arrière concernant les écoles Yavuz-Selim

A Dakar, le collège Bosphore fait partie des sept établissements Yavuz-Selim bouclés ce lundi matin par l'armée sénégalaise.
© RFI/Guillaume Thibault

Au Sénégal, les écoles Yavuz-Selim, proche du prédicateur turc Fethullah Gülen sont fermées depuis sept jours. Près de 3 000 élèves et 500 employés attendent une solution pour reprendre les cours. Comme au Mali ou au Maroc, l'Etat sénégalais souhaitait que les établissements soient gérés par une association du pouvoir turc, une procédure est justice était en cours, mais ce lundi matin, les autorités ont fait marche arrière.

Avec notre correspondant à Dakar, Guillaume Thibault

Au tribunal, devant le juge des référés, l'Etat s'est tout simplement retiré. Le 4 septembre dernier, les autorités, via une assignation, avaient pourtant demandé à la justice de trancher et d'accorder la gestion des écoles à l'association Maarif. Une association dirigée directement par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Cette marche arrière de l'Etat a surpris autant les parents d'élèves que les avocats, car les gestes envers l'association Maarif se sont multipliés ces derniers mois. Pour maître Sarr, avocat du groupe Yavuz-Selim SA, c'est une victoire d'étape : « Si l’Etat se lève aujourd’hui pour dire qu’il renonce à cette action, c’est une victoire, mais une victoire d’étape. Nous restons très vigilants, nous restons en mode veille. Vous savez, lorsque vous luttez contre un Etat, il faut toujours être vigilants parce qu’après ils peuvent sortir par la porte et passer par la fenêtre ».

L'Etat a proposé de nommer un administrateur pour gérer, pour une période de deux ans maximum, les établissements Yavuz-Selim. La décision de ce lundi matin met apparemment l'association Maarif sur la touche. Mais le sort des écoles est loin d'être joué, une réunion est prévue ce soir entre tous les acteurs au ministère de l'Education.