RCA: prudentes réactions après l'accord entre groupes armés du centre

A la Minusca également les langues sont difficiles à délier au sujet de l'accord (Photo d'illustration)
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L'accord signé lundi 9 octobre entre les principaux groupes armés du centre de la RCA fait réagir. En ayant décrété une cessation des combats, la levée des barrières et en tenant un discours de paix, les seigneurs de guerre ont surpris. Mais avant tout, à Bangui, on demande à voir.

L'accord signé lundi à Ippy entre les principaux groupes armés de la Ouaka et de la Haute-Kotto ne plaît déjà pas à tout le monde. Azor Khalit, en guerre ouverte à Bria contre son rival interne au FPRC Abdoulaye Hissène, qui est initiateur et signataire de l'accord, estime qu'il n'est pas concerné par ce cessez-le-feu.

A Bangui, on reste dans l'expectative. La présidence et le gouvernement refusant de s'exprimer sur cet accord, même si un ministre proche du dossier reconnaît que cela va dans la bonne direction et que cela est à encourager. Avant de nuancer par un « ici, on devient comme Saint-Thomas, on ne croit que ce que l'on voit ».

A la Minusca également les langues sont difficiles à délier. Les alliances ayant tendance à se défaire plus vite qu'elles ne se font en Centrafrique. Et une source onusienne de rappeler que Gaetan, le général anti-balaka actif dans cette région, reconnaît lui-même ne pas contrôler tous ses éléments.

Mais si cet accord tient, cela pourrait faciliter le travail des humanitaires qui sont régulièrement rackettés, voire attaqués par ces groupes armés, et qui ne peuvent plus porter assistance aux personnes vivant dans la brousse. Cependant, les ONG contactées demeurent prudentes elles aussi sur cette alliance qui peut leur paraître de circonstance.

Pour Claude Gondy, député de la circonscription de Bria 2, l'important est « que le calme revienne dans la ville et dans la région et cet accord en prend la bonne direction ».