Nouveau massacre dans le sud-est de la Centrafrique

Des musulmans réfugiés dans un camp près de ma mosquée de Bangassou en RCA, le 14 août 2017.
© Alexis HUGUET / AFP

Dans le village de Kembe, au moins une vingtaine de musulmans auraient péri après l'attaque de groupes d'autodéfense venus de Bangassou.

L'assaut a eu lieu mardi matin 10 octobre dans cette petite ville située pile entre Alindao, contrôlée par l'UPC d'Ali Darass, et Bangassou, aux mains depuis le mois de mai de milices d'autodéfense.

Ces milices se sont introduites dans la ville et ont commencé à attaquer les civils musulmans qui sont partis se réfugier dans la mosquée. Durant les combats, un officier de l'UPC, le général Sorongo, a été tué, a indiqué Souleymane Daouda, le porte-parole du groupe armé.

Pour le remplacer, Ali Darass a fait appel au général Bello, notamment responsable du massacre de Bakala, au nord de Bambari, en décembre dernier, et où 32 civils auraient été tués selon Human Rights Watch.

La Minusca affirme n'avoir aucune information concernant la situation à Kembe, mais plusieurs observateurs anticipent qu'il va falloir s'attendre à des représailles musclées de la part de l'UPC.

L'UPC qui dément vouloir se venger et affirme que l'accord de cessez-le-feu signé en début de semaine avec d'autres groupes armés basés plus au Nord ne sera pas remis en question par cette attaque.

A l'heure où un membre de l'UPC vient d'être nommé conseiller spécial auprès du président Touadéra, des représailles pourraient bel et bien aggraver une situation déjà catastrophique dans le pays.

D'autant qu'en signe de protestation et de soutien aux civils de Kembe, le PK5, le quartier musulman de Bangui, suivra une journée ville morte ce vendredi.