Gabon: inauguration d’un nouveau port international soumis à la concurrence

Le port de Libreville, à Owendo, le 31 mars 2012 (photo d'illustration).
© XAVIER BOURGOIS / AFP

Au Gabon, le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, a inauguré samedi 14 octobre un nouveau port à Owendo, ville située dans la périphérie de Libreville. L'infrastructure qui a coûté 180 milliards de FCFA, soit environ 300 millions de dollars, est le fruit d'un partenariat public-privé entre l'Etat gabonais et le groupe agro-industriel singapourien Olam. L'Etat gabonais a pour ambition de soumettre le secteur à la concurrence pour réduire les coûts portuaires et, par ricochet, de lutter contre la vie chère.

« Vous êtes ici sur le New Owendo International Port qui a été mis en service depuis le 1er juin 2017… », nous explique Philippe Gery, directeur des Ports du groupe Olam, fier de présenter la nouvelle infrastructure au public.

« On a équipé le port avec quatre grues au niveau du quai. Derrière vous, il y a donc deux grues mobiles d’une capacité de 100 tonnes. Il y a aussi deux portiques de quai qui peuvent aussi bien manutentionner des containers, que de la marchandise générale, que du vrac et qui permettent de décharger les navires nettement plus rapidement que ce qui se faisait actuellement au Gabon », ajoute-t-il.

Jusqu'à 1 500 personnes ont travaillé dans ce chantier et 400 emplois directs ont été créés. Concurrence oblige, les promoteurs ont réduit de 30 % les coûts portuaires.

« Aujourd’hui, le coût de la vie est une préoccupation majeure du président de la République et l’objectif recherché est justement d’avoir un impact positif sur le pouvoir d’achat des consommateurs gabonais. C’est vraiment l’objectif », souligne Igor Simard, conseiller en Communication du président Ali Bongo.

Le nouveau port est situé juste à côté de celui opéré par le géant français Bolloré. Philippe Gery refuse de parler de concurrence. « On ne se voit pas comme un concurrent à Bolloré. En fait, on se voit comme un outil facilitateur pour l’économie gabonaise », affirme-t-il. 

L'hebdomadaire La lettre du continent a tout de même révélé que la présidence gabonaise a conclu un accord qui ouvre le capital du nouveau port à Vincent Bolloré. Libreville ne confirme pas cette information.