Sahara occidental: le nouvel émissaire de l’ONU à Rabat

La première tournée régionale pour le nouvel émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Koehler, débute à Rabat, capitale du Maroc.
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Au Maroc, le nouvel émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, Horst Köhler, a débuté, ce lundi 16 octobre, à Rabat, sa première tournée régionale. Il a pour mission de relancer la médiation entre le Maroc et les indépendantistes du Polisario. Sa tournée doit ensuite le conduire en Algérie et en Mauritanie, avant qu'il ne présente un compte-rendu devant le Conseil de sécurité, à New York. Horst Köhler trouvera-t-il les mots et les gestes pour apaiser les tensions entre Rabat et Alger ?

Horst Köhler va-t-il réussir là où son prédécesseur, Christopher Ross, démissionnaire en mai dernier, était accusé par le Maroc de partialité et là où Ban Ki-moon a échoué ? On dit en tout cas le profil du diplomate allemand plus modéré et pragmatique à l'heure où l'ONU, qui a adopté une résolution de soutien à la reprise des négociation, s'est montré déterminée à reprendre les pourparlers entre les parties du conflit dans le Sahara occidental. Plus aucun contact officiel n'a en effet eu lieu pour tenter de résoudre la question de l'ex-colonie espagnole depuis 2013 et la fin de négociations informelles entre Rabat, Alger, Nouakchott et le Polisario.

Christopher Ross s'était mis Rabat à dos et, dès 2013, la confiance avait été rompue lorsqu'il avait accusé à demi-mot le Maroc de bafouer les droits de l'homme dans la zone administrée par le Maroc.

La même année, Susan Rice dépose sur le bureau de l'ONU un projet de résolution qui prévoit d'élargir le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) à la surveillance des droits de l'homme. Washington fait marche arrière.

En 2016, Ban Ki-moon, à Tindouf, fait une boulette diplomatique. Le patron des Nations unies parle « d'occupation » du Sahara occidental.

Aujourd'hui, le signal envoyé au roi est clair. Horst Köhler arrive au Maroc le jour du 42e anniversaire de l'annonce par Hassan II de la « Marche verte », le 16 octobre 1975, la marche de « la libération des provinces du Sud ». A sa nomination en août dernier, Rabat avait accueilli favorablement l'arrivée d'Horst Köhler.

Dans les arcanes de la diplomatie marocaine, on espère donc que le plan d'autonomie du Maroc pour le Sahara, lancé en 2007 et prévoyant une large autonomie administrative de la région, trouve une oreille attentive auprès du nouveau diplomate.

Le nouveau secrétaire général de l’ONU, António Guterres, semble en tout cas avoir retenu les leçons et les échecs de Ban Ki-moon. Rabat, qui mène une offensive diplomatique et économique sur le continent, pourrait bien trouver l'oreille onusienne attentive qu'elle espère.

Ainisi, Horst Köehler pourrait bien dire, comme récemment Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, que le plan d'autonomie proposé par le Maroc « est une bonne base de négociation pour résoudre le dernier conflit post-colonial du continent africain ». D’autant plus, comme le dit un observateur du Maghreb, que « l'incertitude règne à Alger en raison de l'état de santé du président Bouteflika. Une fenêtre est ouverte pour quelque temps. Guterres va réussir là où Ban Ki-moon a échoué ».