Cameroun: la visite de Philémon Yang en zone anglophone ne fait pas l’unanimité

Bamenda est une des villes anglophones du Cameroun les plus importantes (image d'illustration).
© AFP/Reinnier KAZE

Le Premier ministre Philémon Yang a entamé lundi 16 octobre des consultations à Bamenda, dans le nord-ouest du Cameroun, dans le cadre d'un processus de « dialogue » avec les populations des zones anglophones du pays. Sur place, il a rencontré des responsables des syndicats de transporteurs, d'enseignants, de vendeuses, des opérateurs économiques, et notamment des banquiers. Le Premier ministre est « porteur d'un message de paix et de vivre ensemble ».

Peter est un professeur à la retraite. A plus de 70 ans, il en a toujours gros sur la patate. A Bamenda, il a vu défiler les copains enseignants francophones. Eux ont bénéficié de promotions, de l'avancement. Pour lui, la visite de Philémon Yang en zone anglophone c’est un peu comme « du sparadrap sur une jambe de bois ».

Peter ne comprend ni la violence de certains groupes anglophones ni la politique du deux poids deux mesures de Yaoundé. « Que Paul Biya vienne ici pour un vrai dialogue », lance-t-il. Toujours est-il que Philémon Yang a passé 48 heures en terre anglophone « sur très haute instruction de Paul Biya ».

« Le président de la République est omniprésent de par la présence de ses collaborateurs sur le terrain et grâce aux facilités qu’offre aujourd’hui la communication. On peut dire que le Premier ministre et chef du gouvernement est là-bas au nom du président », assure Issa Bakary Tchiroma, le ministre de la Communication, joint par RFI  .

Il le répète: l'unité de la nation camerounaise n'est pas négociable. Dans le nord-ouest et le sud-ouest beaucoup parlent compromis, égalité de traitement. Mais pas d'indépendance, ni même d'autonomie. De son côté, le Front social démocrate (SDF) maintient sa marche du 21 octobre à Douala. « Une marche nationale, pas régionale », dit-on au sein du parti de John Fru Ndi.