Attentat en Somalie: dons de sang et de médicaments, les besoins sont immenses

Mardi 17 octobre: recueillement sur le lieu de l'attentat au camion piégé samedi 14 octobre dans le centre de Mogadiscio.
© REUTERS/Feisal Omar

Quatre jours après l'attentat de samedi à Mogadiscio - le plus meurtrier de l'histoire de la Somalie -, la mobilisation se poursuit. Avec un bilan d’au moins 300 décès (276 selon le chiffre officiel) et de 300 personnes blessées, les besoins sont immenses. Pour faire face, les pays alliés de la Somalie, comme la Turquie, envoient des médecins et du matériel médical. Et la diaspora somalienne, notamment au Kenya, s'organise pour donner son sang.

Retrouver d'éventuels survivants, c'est la priorité, explique à RFI le chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge en Somalie, Jordi Rich. « A présent, la priorité est de fouiller les décombres pour tenter de retrouver d'éventuels survivants. J'ai appris ce (mardi) matin qu'une personne avait été retrouvée vivante dans les décombres. »

« Il faut aussi ramasser les corps des personnes décédées et, même si c'est difficile à dire, les nombreuses parties de corps humains qui ont été projetées au moment de cette énorme explosion.

Maintenant, il y a plusieurs chantiers : s'occuper des blessés, identifier les morts et leur offrir des funérailles dignes... Dans de nombreux cas, c'est très difficile. Comme je viens de le dire, les corps sont en très mauvais état, carbonisés, brûlés... et donc très difficiles à identifier. »

Jordi Rich a fait le déplacement de Nairobi, au Kenya où il est basé. Les Kényans d'ethnie somali, une communauté d'environ 2 millions de personnes, et le gouvernement kényan se mobilisent pour envoyer des fonds, des médicaments, et du sang.

A Nairobi, des Kényans se pressent pour donner leur sang

Mardi, un camion du service de transfusion sanguine kényan s'est arrêté dans le quartier somali d'Eastleigh, à Nairobi et les habitants se pressent autour du camion rouge et blanc garé le long d'une artère commerçante d'Eastleigh.

Chacun veut s'inscrire sur la liste des donneurs du jour comme Ismaïl Abdi, un Kényan d'ethnie somali de 25 ans. Ismaïl est un donneur régulier, mais aujourd'hui, c'est une occasion spéciale. « C'est particulier, là ce sont nos frères qui souffrent... et moi, je n'ai pas d'argent à envoyer, donc je donne ce que j'ai, et ce que j'ai, c'est du sang », nous explique-t-il.

A l'intérieur du camion, la jeune Halama Hassan attend son tour avec anxiété et détermination. « C'est la première fois que je fais ça, et j'ai très peur... Ça aurait pu être moi, ou j'aurais pu perdre mes frères, C'est tellement triste. »

La Somalie manque de sang pour traiter les nombreuses victimes de l'attentat... Ahmed Mohammed, membre de la communauté d'affaires d'Eastleigh, a répondu à l'appel des autorités somaliennes en organisant l'évènement. « Les gens à Mogadiscio nous disent qu'ils ont besoin de sang et de médicaments. Et nous voulions participer nous aussi, ici au Kenya. Et nous voulons dire aux terroristes qu'ils n'ont pas leur place en ce monde. »

Selon le service de transfusion sanguine nationale, des centaines de personnes ont donné leur sang mardi, beaucoup plus qu'en temps normal. La ministre kényane des Affaires étrangères a également annoncé l'envoi de médicaments en Somalie, tandis que la Croix-Rouge a mis en place un système de dons via téléphone portable.

Le Kenya a annoncé l'évacuation de 31 blessés vers Nairobi, et l'envoi à Mogadiscio de 11 tonnes de produits médicaux. La Turquie a également accueilli 35 blessés à Ankara et envoyé du matériel médical et des médecins en Somalie.

Plusieurs blessés dans l'attentat du samedi 14 octobre à Mogadiscio ont été évacués vers la Turquie pour y être soignés. Aéroport international de Mogadiscio, le 16 octobre 2017. © REUTERS/Feisal Omar