Bénin: les syndicats opposés aux réformes à marche forcée

Sept centrales syndicales ont manifesté à Cotonou le vendredi 20 octobre 2017.
© Delphine Bousquet/RFI

Au Bénin, pour la première fois depuis 2013, les sept confédérations syndicales ont défilé ensemble vendredi 20 octobre à Cotonou. Elles ont rassemblé plusieurs milliers de manifestants, surtout des agents du secteur public. Ces syndicats, à l'exception d'un, ont signé il y a un peu plus d'un an la charte nationale sur le dialogue social. Alors que le gouvernement veut mener des réformes tous azimuts, ils dénoncent les privatisations et l'absence de concertation.

Dans le cortège, beaucoup d'agents de santé. Opposés à la méthode et aux projets du gouvernement, ils débrayent trois jours par semaine depuis plus d'un mois.

« Les gens sont d’accord pour qu’il y ait des réformes, mais des réformes propres, il ne peut pas faire des réformes sans consulter, ce n’est pas bon. On n’a pas du tout de dialogue », se désole Grace, aide-soignante à Porto-Novo.

Les sept responsables syndicaux, unis pour la première fois depuis 2013, dénoncent aussi la politique libérale du président Patrice Talon.

Tous privatisés ?

« Les réformes = privatisation. Si on ne réagit pas, nous allons nous réveiller un jour où les familles seront privatisées », ose Noël Chadaré, secrétaire général de la COSI Bénin.

Les manifestants arrivent jusqu'aux portes du ministère du Développement. Les ministres Alassane Seïdou, pour la Santé, et Adidjatou Mathys, pour la Fonction publique, reçoivent la motion.

« Faire confiance au gouvernement »

« Je vais vous demander de faire confiance au gouvernement. Le seul souci est de parvenir au développement de notre cher et beau pays le Bénin. »

La ministre promet que les préoccupations « les plus pertinentes » seront examinées dans le cadre de la commission nationale de concertation et de négociation.