Rabat réagit aux déclarations de Messahel sur le Maroc et l’argent du haschich

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel en septembre 2011 à Alger.
© AFP PHOTO / FAROUK BATICHE

Le Maroc a annoncé samedi 21 octobre qu'il avait rappelé son ambassadeur en Algérie et qu'il avait convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade d'Algérie dans le pays, dénonçant des déclarations « gravissimes » du ministre des Affaires étrangères algérien. Abdelkader Messahel, le ministre algérien, avait déclaré vendredi que les banques marocaines blanchissaient l'argent du haschich.

« Les banques marocaines, on le sait, c'est le blanchissement de l'argent du haschich ». C'est en ces termes que le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel a voulu décrire l'économie marocaine, en précisant que c'est « des chefs d'Etat africains qui le disent ».

Le ministre était l'invité du Forum des chefs d'entreprise, l'une des principales organisations patronales du pays. Dans le contexte de crise économique, le ministre a voulu inciter les entrepreneurs algériens à développer leurs relations avec les pays africains. Pour lui, l'Algérie est stable et a du potentiel. Il conclut son discours : « Faire du business aujourd'hui, en Afrique du Nord, il n'y a que l'Algérie ».

Ces déclarations interviennent au moment où à Alger on s'inquiète de voir l'influence grandissante du Maroc sur le continent. Sur le plan économique, certes, mais aussi sur le plan politique, car l'enjeu, c'est bien la question du Sahara occidental.

Et Alger a encore du retard sur Rabat. L'Afrique subsaharienne pèse bien moins de 1% des importations comme des exportations algériennes. Ce vendredi, Abdelkader Messahel avait commencé son discours en annonçant pourtant la création d'une cellule de diplomatie économique.