Somalie: de nouveaux éléments sur l’attentat du 14 octobre

Photo prise le 15 octobre 2017 du lieu de l'explosion du camion piégé à Mogadiscio perpétré la veille.
© Mohamed ABDIWAHAB / AFP

La Somalie, une semaine après l’un des plus graves attentats de son histoire. Selon le ministère somalien des Affaires humanitaires, 358 personnes ont péri dans l’explosion d’un camion piégé samedi 14 octobre, 228 ont été blessées et 58 sont portées disparues. Les cérémonies d’hommage se poursuivent. Les deux chambres du Parlement doivent se réunir ce samedi 21 octobre en urgence, à la demande du président Farmajo. En attendant, toujours pas de revendication même si les terroristes islamistes shebabs sont fortement soupçonnés. On en sait un peu plus sur l’aspect opérationnel de l’attentat même si beaucoup de questions sont encore sans réponse.

Selon différentes sources, le camion transportait entre une et deux tonnes d’explosifs. La bombe se composait d’abord d’explosif militaire. « C’est classique, explique un spécialiste. Il est récupéré dans de vieux stocks de munitions ou bien lors d’attaques de bases de l’armée. Ils vident les obus et emportent le composant. »

Mais à cela, les terroristes ont ajouté du nitrate de potassium, souvent utilisé comme fertilisant agricole. Un produit qui permet de multiplier la puissance de l’explosion et qui intrigue. « Ça fait peu de temps que les terroristes l’utilisent. Or ce composant n’est pas importé en Somalie. On ne sait toujours pas comment ils le font entrer dans le pays », confie un analyste.

Le kilomètre 5, grouillant de civils, n’était probablement pas la cible. « Une charge aussi grosse visait un site bien protégé. On parle de la nouvelle base turque, de l’aéroport, d’un ministère, voire de la présidence », confie un expert.

Pour arriver là, le camion a en tout cas pu passer au moins un check-point, même si éviter les barrages n’est pas impossible vu le nombre de rues à surveiller.

Le même jour, un terroriste à bord d’un véhicule piégé était arrêté dans un autre quartier. Les deux opérations étaient-elles liées ? Mystère. Selon plusieurs sources, l’homme a dit qu’il voulait se venger après un raid aérien américain contre la ville de Barire, en août. Mais rien n’est sûr. « Les exécutants n’ont pas toujours la bonne information. Les commanditaires ont pu lui dire ça tout en ayant un autre agenda à l’esprit », explique un connaisseur.

Besoin d’une banque de sang

Près d’une semaine après le carnage, Abdirahman Osman, ministre somalien de l’Information, joint par RFI, fait le point de la situation.

« Nous avons travaillé jour et nuit pour venir en aide aux victimes de la violente attaque survenue le 14 octobre, à Mogadiscio. Nous avons réussi à enterrer les corps des personnes décédées. Nous avons aussi aidé les personnes grièvement blessées, en les envoyant à l'étranger. Certaines reçoivent des soins en Turquie ; d'autres, au Soudan. Au total, 122 personnes souffrant de blessures graves ont été prises en charge à l'étranger pour être soignées », a précisé le ministre.

« Ce dont nous avons besoin, de la part des partenaires internationaux, c'est d'une banque de sang. La Somalie ne possède pas ce type de structure où nous pouvons stocker du sang, à destination des victimes. Enfin, nous travaillons sur la façon dont nous pouvons reconstruire les commerces qui ont été détruits et aider les victimes », a ajouté Abdirahman Osman.

 

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